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Minerva Reef et l’arrivée en Nouvelle-Zélande : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (11)

Après notre escapade volcanique et un arrêt « musclé » à Nuku’alofa, archipel de TongaTapu la capitale des Tonga, (mais c’est une autre histoire qui porterait tort aux Tongas…), nous voici en route vers la nouvelle-Zélande…

…ou presque, au tiers de la route, Minerva Reef est un atoll perdu où il fait bon faire une halte en attendant une fenêtre météo favorable…

Quelques miles de diamètre, perdu dans le Pacifique Sud , mais lieu de rencontre privilégié de tous les voiliers faisant route vers le Sud et la Nouvelle-Zélande, dernier témoignage des tropiques, un magnifique récif qui ne découvre qu’à marée haute mais suffisamment de protection de la houle pour nous assurer un mouillage confortable même par grosse mer. 28 voiliers sont la !

C’est aussi le siège du « Minerva Reef Yacht Club »et de ses animations radios le matin à 10 heures, point météo où nous échangeons nos informations et nos avis sur la situation.

Minerva Reef est aussi réputé pour ses langoustes. La chasse se pratique ici le jour à marée basse lorsque les trous d’eau du récif donnant sur la haute mer se découvrent. Il faut un peu de courage et de la poigne pour s’accrocher aux rochers et éviter de se faire emporter par le courant… Mais la chasse y est excellente et le BBQ qui s’en suivra mémorable.

Vu la position de l’atoll, aussi éloigné de toute terre habitée, ses eaux sont cristallines et une plongée à proximité de la passe s’impose… Un beau souvenir encore avec nos amis brésiliens d’Arthi.

Mais un jour il faut bien partir… Après un faux-départ suite à une annonce de mauvais temps de dernière minute, une fenêtre météo calme se présente. Près de 900 miles nous attendent, CAT’LEYA marche toujours aussi bien, nous remontons peu à peu quasiment toute la flotte pendant  » jours dans une mer relativement confortable, la houle disparaissant peu à peu. Mais ensuite, pétole, et la risée « Yanmar » nous accompagnera pour les 2 derniers jours… Moins de 5 jours de mer plus tard nous voici à Opua, Bay of Islands, New-Zeland !

Douanes, Immigration et Bio-sécurité… nous sommes cantonnés sur un quai de quarantaine. Contrôle anti-drogue, mais cette fois avec des professionnels sérieux et un chien manifestement bien dressé… Les officiers de Bio-sécurité eux sont débordés. L’importation est strictement réglementé, pas question d’amener des la viande, fraîche, congelée ou cuisinée, plantes interdites, mon malheureux bonsaï en fera les frais,  miel, fruits et légumes frais, non grata… La coque est inspectée en détail, pas question de ramener ds coquillages oui autres parasites en Nouvelle-Zélande. Et non plus les insectes. Mille sabords, des fourmis ont élu domicile à bord, il faudra donc traiter avant d’obtenir notre « clearance ».

Petit à petit tous nos amis voiliers arrivent eux aussi, certains partis 4 jours avant nous ont rencontré du très mauvais temps et arriveront en même temps que CAT’LEYA (soit 9 jours quand même pour 900 miles !).

Notre arrivée coïncide avec le festival annuel d’Opua et la présence de « tall ships » dont une réplique du vaisseau du capitaine Cook.

Les kiwis sont très accueillants ici et j’aurai même l’occasion de régater avec le yacht club local sur un joli monocoque vert.

3 mois se sont écoulés depuis notre départ de Tahiti, que de rencontres, de découvertes et de BONHEUR !

Sur la route des volcans des Tonga : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (10)

La région entre les Tonga et les Fidji est une zone d’activité volcanique importante, rien qu’au Tonga de nombreuses zones sont indiquées sur les cartes marines pour le risque important qu’elles présentent pour la navigation.

Ainsi Tofua, à l’Ouest d’Ha’apai, est une île d’origine volcanique dont le cratère effondré abrite un lac d’eau douce important, et son voisin Kao, un cône volcanique émergeant à 1100 m d’altitude. Plus au sud Hunga Tonga et Hunga Ha’apai ont vu l’émergence, il y a seulement 4 ans, d’un volcan qui intéresse les chercheurs tant les épisodes de ce genre sont rares…

Tofua est aussi connue car ce fut l’un des refuges des révoltés du Bounty, mais ce qui nous intéresse particulièrement c’est la possibilité de randonner jusqu’au bord du cratère..

Nous ne pouvions rater cette opportunité et planifions donc une navigation sur ces zones. Nous avons obtenus des informations d’autres bateaux qui nous ainsi transmis les coordonnées GPS du seul point où il est « possible » de débarquer sur l’île  ainsi qu’un mouillage possible…

En navigation, nous apercevons au loin un immense panache de fumée blanche accompagnée d’une traînée plus sombre, c’est au Nord de notre route, un rapide coup d’œil sur la carte nous indique qu’il s’agit justement de l’un de ces zones d’activités volcaniques des Tonga

Un bref instant, l’idée de faire demi-tour me traverse l’esprit, mais c’est à 40 miles plus au Nord et l’activité est référencée depuis 1996…

Arrivés sur place, je repère le « spot de débarquement » pour l’annexe… les vagues déferlent alentour, une exploration préalable s’impose. Effectivement les rochers sont moins agressifs dans cette minuscule anse et avec un peu de courage ça doit être possible, par contre pas question de mouiller l’annexe…

A quelques miles au nord, Kao et ses 1100 mètres d’altitude.

Bertrand, le skipper de Mupi, n’est pas rassuré par le mouillage et préfère surveiller son bateau, c’est lui qui nous descendra sur Tofua. Hier j’ai pu glaner quelques infos supplémentaires auprès d’un des 2 voiliers déjà sur place, et un schéma du « sentier » de randonnée sur le flanc du cratère jusqu’au sommet à environ 500 m d’altitude.

Pour accoster, il faut effectivement être motivé mais c’est surtout le retour à bord de l’annexe qui m’inquiète un peu… La montée près de 2 heures et demie, nous fait traverser une zone précédemment habitée, cocotiers, petite plantation d’ananas, etc… sous un couvert d’arbres, manguiers, etc… puis avec l’altitude la végétation devient plus rase, fougères et arbustes, finalement c’est seulement la roche volcanique et ses nuances de couleur qui persiste au sommet.

Le paysage qui s’offre à nous est magique. Le temps est couvert, les nuages s’accrochent sur la face Ouest avant de dévaler les pentes intérieures du cratère, de temps en temps nous apercevons le lac intérieur d’un bleu vert incroyable, tout en bas, avec  ses îles. Devant nous, de nombreux petits cratères dont un crache encore de la fumée blanche assez épaisse. Et derrière, Kao, le cône voisin dont le sommet, habillé d’un épais manteau de nuages reste invisible.

La descente sera plus compliquée, sans boussole ni carte, nous nous égarons 2 fois et gagnons le droit de nous tracer un passage au milieu des fougères pour retrouver la voie initiale. Mais ce n’est rien en comparaison de l’embarquement dans l’annexe, le vent a forci et la houle s’est levée tandis que la marée est basse… Il faut se jeter des rochers pour monter à bord.

Arrivés à bon port, nous décidons de nous abriter sur la côte sud-Ouest de Tofua ou les images Google Earth nous laisse espérer un mouillage plus confortable. Le long de cette côte très sauvage se succèdent falaises et plages de sables noir que prend d’assaut la houle du large. Finalement, nous accrochons l’ancre avec difficulté dans 15 m d’eau pour une nuit moins agitée.

Le lendemain matin, le temps est au beau, l’occasion de sortir le drone…

Cette première découverte nous laisse espérer le meilleur pour notre second objectif, Hunga Tonga ! Mais avant  cela nous ferons une halte reposante à Kelefesia, le bijou de Ha’apai.

Le site de mouillage est entouré de récifs qui nous protègent de la houle. L’ile offre un paysage original avec ces falaises qui lui valent le surnom le petit Gibraltar… L’occasion aussi de faire un barbecue sur la plage avec 2 bateaux copains.

Le lendemain, départ vers Hunga. Au loin, nous apercevons 3 sommets, les 2 îles anciennes couvertes de végétation et au centre un paysage lunaire dont on a du mal à imaginer qu’il est bien réel.

Nous mouillons sur la côte Nord-Ouest exactement à l’endroit repéré sur Google Earth, dans un site improbable, habité par une multitude d’oiseaux, fous, sternes et frégates et nous préparons pour l’exploration.

Ce volcan est né d’une éruption sous-marine entre les îles Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, qui a comblé la mer entre ces 2 îles donnant naissance à une île unique.

De nombreux scientifiques se sont intéressés à ce phénomène très rare, et à l’érosion de cet amoncellement de petits graviers projetés lors de l’éruption. Pour nous c’est un expérience unique que je vais vous faire partager au travers de ces photos. Il y en a beaucoup mais j’ai eu du mal à choisir lesquelles supprimer…

Tonga Archipel de Ha’apai : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (9)

Avant de quitter l’archipel de Vava’u une dernière exploration à marée basse nous aura émerveillée, le marnage ici atteint 1,2m, le récif découvre, les vagues déferle, et le paysage se transforme complètement.

Après avoir fait les formalités de sortie de l’archipel (et oui ici, on fait des papiers quand on change de groupe d’îles et pas seulement quand on entre et sort du pays…), nous voici partis vers le Sud et Ha’apai. Quelques heures de navigation avec nos nouvelles voiles et la rencontre avec un jeune fou tongien.

Les paysages sont totalement différents et plus proches des Tuamotus, atols et récifs coralliens, cocotiers… Mais c’est beaucoup plus dangereux, de nombreuses patates de corail, des récifs mal cartographiés, etc… navigation de nuit réservée aux téméraires et de jour, soleil dans le dos pour scruter l’eau à l’avant du bateau… Nous atterrissons au nord de la ville principale, Panga’i, sur l’île Nukuniamo, des fonds magnifiques constitués de plateaux coralliens que séparent des canyons de 5 à 6m  de profondeur, les coraux sont superbes et la faune pléthorique.

L’îlot est ceinturé par un plage de sable blanc que survolent nombre d’oiseaux et quelques chauve-souris de grande taille les « flying foxes » !

Nous explorerons ainsi l’archipel de Ha’apai pour terminer au mouillage du village de Uhia au sud de Panga’i. C’est marée basse et  un cordon de sable relie Uhia à l’île voisine.

Sur la plage qui longe le côté lagon d’Uhia, des barques à passager sont mouillées, longues et basses sur l’eau, souvent surchargées, elles restent le seul moyen de communication avec la ville principale.

Il est 15 heures quand nous entrons dans le village, tout le monde fait la sieste, même les cochons…

Au centre du village, un ancien lieu de culte abritent des tombes royales. Tout autour sont rassemblées les tombes de lignée moins royale des ex-habitants de Uhia.

Peu à peu le village reprend vie. Les habitants que nous croisons sont tous habillés de noir et nous renvoient nos bonjours amicalement. Ici aussi la ferveur catholique se traduit par la présence de nombreuses églises… Mais le cyclone Gita de 2018 a laissé des traces irrémédiables, la plupart des édifices sont dévastés, les cloches ont parfois été replacées dans des clochers de fortune, les habitations aussi portent les traces du passage de l’ouragan. De nombreuses petites maisons préfabriquées côtoient les anciennes habitations en bois partiellement ou totalement détruites.

Demain nous serons de nouveau à Panga’i pour la clearance de sortie cette fois, une fenêtre météo favorable s’annonce dans quelques jours pour la traverse vers la Nouvelle-Zélande…

Tonga Archipel de Vava’u : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (8)

A cette période de l’année, les dépressions se succèdent la-bas en Nouvelle-Zélande et envoient un flux de Sud jusqu’au Samoa. En prévision d’une telle rencontre, nous quittons Sava’i en faisant route vers le Sud-Est de manière à pouvoir virer Sud-Ouest à l’arrivée du front…

La prévision était bonne et au milieu de notre route, le vent tourne et se renforce, grâce à notre choix, CAT’LEYA ne se retrouve vent de face mais au près bon plein avec une houle de plus en plus généreuse, les heures qui suivent ne resteront pas dans les mémoires…

Nous arrivons finalement à Nefaiu, le port d’entrée le plus Nord des Tonga et nous adonnons au jeu préféré des yacthies : « les formalités d’entrée ».

Nous présentons fièrement notre « clearance » des Samoa, si chèrement obtenue, et l’officier des douanes nous demandent la clearance des douanes ??? Pour nous notre document signé du cabinet du premier ministre fait office de clearance des douanes, hélas pas pour notre interlocuteur…

Nous sommes tout de même autorisés à sortir du bateau et nous rendre au marché pour les provisions.

Nous mettons à profit cette halte forcée pour de la maintenance sur CAT’LEYA. Depuis le début de l’année , nos si »belles » voiles (tissu TRILAM assemblées par la voilerie TAROT) nous font soucis… Les jonctions de laizes se décollent et les coutures cisailles les panneaux créant un délaminage des voiles. Nous avions ainsi déjà perdu le code 0 et le spi laminé… Durant la descente des Samoas, le génois a rendu l’âme et la GV est sur le point de se délaminer malgré nos multiples réparations. Moins de 3 ans de durée de vie, c’est un peu court !!!

CAT’LEYA s est donc vu habillée des voiles neuves Incidences d origine qui étaient stockées à bord au cas où….

5 jours plus tard après avoir contacté par mail le DG des douanes du Tonga, notre bonne foi a finalement été reconnue et nous sommes acceptés aux Tongas…

Nous allons enfin découvrir ces archipels si prisés par les américains.

A Nefaiu, nous retrouvons l’esprit des Samoas, beaucoup d’église, avec les règles qui s’en suivent, par exemple, interdiction de travailler ou d’avoir une activité le week-end… Nous en ferons l’expérience quelques jours plus tard, en fin de plongée un bateau de la police locale vient nous accoster pour nous signifier que nous sommes en faute pour avoir plonger une Dimanche… même les locaux que nous interrogerons sur le sujet ne le savaient pas…

Les tongiens sont accueillants, et au hasard des rencontres dans la rue nous demandent d’où nous venons en ouvrant de grands yeux quand on leur parle de la France…

Du sommet de l’île, une splendide vue s’offre à ,nous, un dédale de chenaux au travers d’îles très vertes qui nous promet de belles navigations à la voile.

Nous quittons Nefaiu pour visiter des grottes, Swallow’s cave (la grotte des martinets) accessible en annexe puis Mariner’s cave uniquement accessible en plongée, car l’entrée y  est au-dessous du niveau de la mer.

Notre premier mouillage sera  Nua Papu puis Blue Lagoon, une eau parfaitement claire, des plages sublimes qui découvrent à marée basse et une végétation luxuriante à terre.

A Nua Papu, David et sa femme organisent un repas sur leur île, Vakaietu, cochons de lait grillé, thazard cru, légumes locaux préparés à la tongienne, etc…

Blue Lagoon est le mouillage le plus réputé de Vava’u, situé à côté de Hunga, c’est une baie fermée par des récifs et des îlots, un vrai cliché de cartes postales…

A chaque fois, nus allons plonger avec Germano et Lucia, nos amis brésiliens d’Arthi, jardins de corail, visibilité de folie et une vie exhubérante…

Samoa île Savai’i : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (7)

Une cinquantaine de miles nous séparait de notre prochain mouillage, la baie de Matautu sur l’île de Savai’i.

La côte y a été dévastée par une éruption volcanique 2005-2011 qui a déversé sa lave sur de nombreux villages. Seule une église témoigne de cette catastrophe naturelle ainsi que la tombe d’une jeune fille enterrée quelques jours avant l’évènement et que la lave aurait épargner…

Les villages se succèdent avec la même organisation, groupes de maisons disposant chacune de sa « cour couverte » à proximité d’une église… Les femmes se regroupent dans ces cours, assises en tailleur sur des nattes tressées en coco, discutent et rigolent. Le matin, nous sommes réveillés par les chants des enfants à l’école.

La baie possède de belles plages de sable blanc, les fonds de roche volcanique sont déchiquetés et j’y ai rencontré de très nombreuses tortues marines malgré une visibilité plutôt moyenne.

Nous assisterons aussi à une démonstration de faifai, la danse samoane !

Ce sera aussi l’occasion de faire de belles plongées avec le club Diving Savaii,

paysages déchiquetés d’origine volcanique, arches et failles …

tortues marine qui reviennent chaque année pondre sur les plages de sable blanc …

et épave… un 3 mâts qui est venu s’échouer sur le récif avant d’être coulé par un cyclone…

Samoa île d’Upolu : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (6)

70 miles séparent les Samoas américaines des Samoas. Nous atterrissons à Apia, seul port d’entrée autorisé, dans l’île d’Upolu. Partis le vendredi matin, nous arrivons en fin d’après-midi pour découvrir malheureusement que nous avons passé la fameuse ligne de changement de date !

Double punition, non seulement nous avons perdu une journée de notre vie (à force de gagner des heures en allant vers l’Ouest, il fallait bien payer un jour…) mais en plus les autorités sont en week-end et il nous faudra attendre lundi matin pour faire notre « clearance »…

Nous mouillons dans une jolie baie, près du port de commerce où s’affairent cargos et bateaux de pêche. La marina est minuscule, les maux causés par le dernier cyclone n’ont pas été réparés et il n’y a plus de place pour CAT’LEYA.

Le long de la baie nous comptons 4 ou 5 églises dont une cathédrale dominées au loin par une montagne culminant à presque 1000 m.  Le relief accroche les nuages et quelques averses bienvenues viendront rincer CAT’LEYA.

Lundi, dès 8h30 j’appelle les autorités portuaires pour obtenir la visite des douanes, des services sanitaires et de l’immigration, je vais en profiter pour demander un permis de navigation (obligatoire ici) afin d’aller dans la 2ème île, Sava’i, et si possible faire la « clearance » de sortie en même temps. Et oui, les formalités de sont pas si simples en bateau, et particulièrement ici… Je vous épargnerai les détails, et nombreux voyages entre le 1er et le 4ème étage du bâtiment du gouvernement, mais finalement 3 jours après j’obtiendrai  le précieux sésame, une « clearance » signée par un responsable du Cabinet du Premier Ministre m’autorisant à naviguer et à quitter les Samoas sans repasser par Apia ! Aucun autre bateau présent n’aura réussi cet « exploit », merci Henrietta !

Nous allons enfin pouvoir découvrir la terre Samoane.  On roule à gauche aux Samoas (depuis 2009 seulement), beaucoup de taxis mais aussi de bus multicolores du même type que ceux des Samoas américaines. Apia est très animée en semaine notamment près des marchés. En dehors des villes, les maisons y sont organisées comme chez leurs voisins américains, elles sont regroupées par famille (ex tribus) et disposent d’un espace couvert, parfois avec un toit traditionnel en forme de dôme, où partager des moments. Les maisons sont peu cloisonnées, la vie se fait essentiellement à l’extérieur.

La plupart sont bâties à proximité d’églises de congrégations chrétiennes très diverses, catholiques, méthodistes, mormons, adventistes, église de Jésus Christ et des saints des derniers jours, etc… Certains édifices sont impressionnants en particulier l’église méthodiste au Nord d’Apia en forme de dôme à 9 faces…

Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’île au trésor ou Dr Jekyll et Mr Hyde, a vécu dans les hauteurs d’Apia à la fin de sa vie, nous visiterons cette grande demeure restaurée ainsi qu’un musée fort intéressant sur l’histoire des Samoas. Histoire complexe, car Anglais, Allemands puis Néo-zélandais après la défaite allemande de 1918 ont successivement géré ce territoire, qui de manière pacifique est finalement parvenu à obtenir son indépendance en 1962.

Le Sud de l’île nous rappelle son origine volcanique, les falaises de roche volcanique dessinent un paysage sauvage et magnifique et se disputent la côte avec de belles plages de sables blanc.

Ensuite ce sera Sava’i, lîle occidentale des samoas.

Samoa Américaines : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (5)

Traversée éclair depuis Suwarrow, 2 jours et 6h pour parcourir les 450NM dans une mer forte agitée par une houle de Sud-Est.
A l’arrivée, c’est le Lundi de la fête du travail, mes appels à la vigie du port restent sans réponse et nous allons mouiller dans des fonds réputés de mauvaise tenue.
A terre, c’est un petit bout d’Amérique perdu dans le pacifique sud, gros pick-ups Ford F150 et autres Silverado, tenues d’école règlementaire avec le fameux sarong Samoan pour les garçons, des dizaines d’église de différents cultes, beaucoup de bâtiments administratifs pour les 15000 âmes de ce territoire US… Peu de yachties, j’en ai compté 4, mais Pago-Pago, le port d’entrée des Samoa américaines a mauvaise réputation, conserverie de poisson, usine de production électrique qui produisent des nuisances olfactives et sonores…
Finalement des formalités d’arrivée, très simplifiées, sont réalisées et nous pouvons sortir à terre.

Pour découvrir cette île, nous empruntons les transports « publics » avec les Samoans, vieux camions a carrosserie en bois du type indiens ou asiatiques, notre chauffeur d’origine des Samoas occidentales est l’oncle d’un joueur de rugby de Toulon.


La côte Est est belle et plutôt sauvage, de belles maisons se cachent dans la forêt tropicale près de petites baies de sable relativement protégées.

Le côte Ouest est plus urbanisée, magasins, écoles, de nombreuses églises et habitations.
La seule route de l’île est très fréquentée, d’autant que tout le monde roule en gros pick-up V8 !
Mais partout encore, les traces du tremblement de terre de Septembre 2009 et du tsunami qui s’en est suivi ne sont pas encore effacées.
Finalement cette étape fut une belle surprise et une invitation aux Samoas occidentales.

Suwarrow : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (4)

De la Polynésie française vers la Nouvelle Zélande, 3 routes sont possibles. Parmi celles-ci 2 sont intéressantes, la route sud qui passe par Palmerston et Niue (le plus petit état du monde) et l’autre, la route nord, par Suwarrow. Les français choisissent généralement la route nord car nous sommes un peu attachés aux Moitessier et autres navigateurs solitaires…
Suwarrow, c’est l’atoll de Tom Neale, un néo-zélandais qui a passé près de 22 ans (en 2 séjours) sur ce bout de corail à 500 Miles de part et d’autre d’îles plus importantes pour prouver que c’était tout simplement possible.
La météo étant plus favorable, nous sommes partis vers le Nord avec l’idée de nous diriger ensuite vers les Samoas.
Théoriquement il est interdit d’atterrir à Suwarrow avant d’avoir préalablement fait son entrée dans les îles Cooks dans un port d’entrée officiel… un formulaire spécial existe pourtant, il fut rempli, expédié à qui de droit et en retour « this message was deleted before being read ». Ce fut donc une route directe Mopelia – Suwarrow.


A l’arrivée John et Harry les 2 rangers qui protègent cet atoll, parc naturel des îles Cooks, nous ont reçu très gentiment et fait les formalités d’entrée sans aucun problème…


L’eau y est incroyablement claire, les poissons curieux et non craintifs (la pêche est interdite), des centaines d’oiseaux, fous, sternes blanches et noires, frégates, tournoient en piaillant dans le ciel, les coraux en pleine forme, les rangers font manifestement bien leur travail !

Le traditionnel repas organisé par les rangers eut lieu la veille de notre départ, bbq avec du thon rouge pêché dans la passe.

Dernier cadeau de Suwarrow pour notre départ, un beau thon rouge à la ligne en sortant de la passe !