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Le dragon de Komodo…

Après quelques jours à Labuan Bajo, nous voici dans le parc de Komodo… Les principales îles sont Rinca, Komodo et Banta plus à l’Ouest.

Outre ses dragons, Komodo est réputée pour la plongée, rendez-vous est pris avec un opérateur local pour découvrir les sites du centre du parc dont Batu Bolong, classé dans le top mondial…

Nous bénéficions d’un jour sans vent, la visibilité est excellente, les coraux de toute sorte, pleins de vie, et la faune nécessiteraient plusieurs plongées pour l’admirer pleinement. Les photos et la vidéo parlent d’elles-mêmes, vous y verrez poissons clown, tortues, napoléons, poisson scorpion, murènes, requins, etc…


Notre premier mouillage est Sebayur Kecil au Nord du parc. Le coucher de soleil amplifie le contraste entre ces terres brûlées par le soleil et les récifs d’un turquoise éclatant.

Le panorama ci-après donne un bon aperçu du parc, Rinca au sud et Komodo à l’Ouest.

Le récif le long du chenal m’offre une dérivante magnifique avec notamment plusieurs rencontres avec des tortues, l’eau y est particulièrement transparente, balayée par le courant de marée qui est fort dans toute cette région.

Pas question de quitter le parc sans avoir vu les fameux dragons de Komodo; direction la station des rangers de Rinca. Sur la route, nous croisons de nombreux bateaux traditionnels indonésiens reconvertis en bateaux de croisière.

Accompagnés par un gardien manifestement pressé d’en finir, qui nous explique que la station a ré-ouvert il y a peu de temps après le COVID et que tous les parcours à l’exception du plus court sont fermés… In fine, un dragon, pas d’aspect très sauvage, avachi côté cuisine des rangers… Dommage car ces gros varans ont des mœurs bien particulières :

  • ils pondent des œufs dans la terre en utilisant des nids d’oiseaux abandonnés, l’incubation des œufs dure 7 à 8 mois,
  • les petits, après leur naissance, vivent essentiellement dans les arbres en se nourrissant d’insectes, pour se protéger des adultes cannibales,
  • les dragons sont réputés tuer leur proie grâce aux bactérie présentes dans leur bouche et qu’ils transmettent par morsure.  Cette hypothèse est maintenant démentie, il semble en effet que ces bactéries présentes chez la plupart des prédateurs, soient en  quantité bien trop faible pour venir à bout de gros mammifères tels que les buffles… En fait, ce sont les bactéries présentes dans les eaux stagnantes des lacs des îles où ils vivent qui les tuent par septicémie après la morsure des dragons !
  • ils n’ont aucun prédateurs dans ces îles et se nourrissent très peu par rapport à leur poids; un gros repas par mois leur suffit en effet. D`où la survie de l’espèce jusqu’à nos jours..

Les paysages terrestres et sous-marins sont exceptionnels et ce sera l’un de mes plus beaux souvenirs de l’Indonésie (jusqu`à présent…).

En route vers Flores

Nous quittons Sulawesi pour le sud; Flores puis Komodo…

De Bau Bau, nous mettons les voiles vers Taka Bonerate, un ensemble d’atolls puis Flores. Une brise légère nous accompagnera finalement quasiment tout le long de la traversée jusque une dizaine de miles des côtes de Flores.

Découvrir ce nouveau paysage est un choc, la saison des pluies s’est terminée en Mars, et le relief paraît désertique… Un liseré vert délimite la terre de la mer, au-dessus tout est grillé…

Gili Bodo est un beau mouillage, aussitôt arrivés, un petit pointu local, manœuvré par un indonésien de Komodo, nous aborde pour nous vendre des perles et autres production de Komodo. Quelques souvenirs de plus dans les cales de Cat’Leya…

A terre des macaques viennent se rafraîchir le matin et le soir sur la plage.

Nous sommes entourés de récifs dont les fonds sont particulièrement beaux, visibilité excellente et beaucoup de vie marine.

Nous quittons donc ce mouillage sauvage pour la grande ville au Nord-Ouest de Flores, Labuan Bajo. Il faut refaire le plein car Eole devrait se montrer bien pingre dans les semaines à venir…

Sulawesi : Pasar Wajo et Bau Bau

Pasar Wajo est située sur l’île Buton dans le Sud-est de Sulawesi. Elle est dominée par un ancien fort : Katimpo.

Selon la communauté locale, ce fort était utilisé pour lutter contre la tribu Tobelo, qui était la plus redoutée. Cette tribu attaquait souvent les villages, notamment pour s’emparer des biens des habitants et enlevait également les filles qui vivaient dans le village.

Au terme d’une marche de quelques kilomètres, nous voici aux portes de l’enceinte du fort qui a été rénové par le gouvernement provincial de Sulawesi Sud-Est.

A l ‘intérieur, une ancienne mosquée, quelques tombes, et plusieurs tours qui gardaient les portes.

A la sortie de la ville, d’imposants bâtiments qui reflètent le pouvoir administratif, ici, le gouvernement provincial. On y trouvera également un établissement d’enseignement technologique… Comme souvent, ces bâtiments sont peu, voire pas du tout entretenus, comme s’ils avaient été financés à l’occasion d’un évènement électif puis abandonnés… A noter la sculpture d’un ananas qui est le symbole de cette île.

Enfin, une autre grotte avec une source d’eau fraiche..

Un scooter nous permettra de découvrir un peu la côte Sud-Est de l’île, nous sommes surpris d’y trouver des villages où l’on fait sécher des épices, sur le bord de la route. Un peu plus loin un village de pêcheurs dont les maisons sont bâties sur pilotis.

Nos visas arrivent à expiration bientôt, direction Bau Bau pour le renouvellement.

Bau Bau située sur la côte Ouest de Buton est une grosse ville avec, là-aussi, de nombreux services administratifs (dont l’immigration…).

La ville est dominée par une forteresse (Benteng Keraton Buton) construite au XVIe siècle par les 3e et 4e sultans de Buton, La Sangaji (1591-1596) et La Elangi, qui s’étend sur plus de 23 hectares. Son enceinte mesure 2 740 mètres de long. A l’intérieur, on y trouve de nombreuses maisons traditionnelles construites en bois.

Un peu plus loin se trouve une autre enceinte fortifiée dont nous ignorons la fonction…

Aux alentours de la ville, la petite Bali, où ont immigrés d’anciens fermiers de Bali et qui ont apporté leur savoir-faire;  la culture du riz. Quelle surprise donc d’y trouver ces rizières… et des temples bouddhistes.

Enfin, un village de pêcheurs où l’on récolte les algues et où surtout on élève les huitres perlières.

Bau Bau est une étape du rallye Sail2Indonesia et comme chaque fois, nous sommes invités à des animations organisées par les autorités locales puisque le rallye est sponsorisé par le gouvernement. Cette fois, nous sommes invités à une cérémonie publique de circoncision de jeunes garçons, probablement plusieurs centaines… L’un des participants nous fait remarquer à juste titre qu’assister à un tel évènement c’est aussi encourager les mutilations des jeunes filles qui sont pratiquées ici et ailleurs sur le territoire… 

Rapport UNICEF Indonésie

Le rapport est édifiant, et pourtant pour avoir donner ce lien sur le groupe What’sApp du rallye, je me verrai « banni » du groupe pour quelques temps et tous mes messages (dont des photos, etc…) supprimés !!! 3 personnes dont la religion pratique la circoncision n’ont pas apprécié ma remarque car, pour eux, cela répond à de bonnes raisons… les mêmes que celles qui justifient les pratiques sur les jeunes filles… Je vous laisse prendre connaissance de cette analyse :

Pratiques religieuses

Nous avons quitter Bau Bau aussitôt vers une destination plus attirante, Komodo… Rassurez-vous, il n’y a pas eu grand monde pour ce « show » !

Kapota : le choix du roi

Kapota est l’île jouxtant Wangi Wangi, et c’est le Ka de Wakatobi !

Ce week-end, c’est jour de fête, le « roi » doit choisir une femme pour son fils… Nous sommes invités à participer à la cérémonie en tant qu’officiels comme les chefs des différents villages de l’île qui participent à l’élection de la « princesse »…

Un bateau-taxi nous amène au village où tout le monde se prépare.

A l’entrée du village nous attend une batterie de canon défendu par des guerriers en sarong…

Des chars ont été préparés qui précèderont les différents villages.

Les femmes se parent de leur plus beaux atours, maquillage, bijoux, tenues de parade, et les hommes ne sont pas de reste, en particulier les représentants des villages…

Nous devons, nous aussi, suivre la tradition et porter le sarong… et même Rik, le roi des belges, doit se plier à la coutume.

Puis nous parvenons sur le site; le « roi » parade sur son cheval,

tandis que les représentants des villages prennent place. Chaque village a son code vestimentaire…

Puis débute la parade des chars où des villageois miment des scènes particulières, pêche miraculeuse, combats, hymne à l’armée indonésienne, immense cerf-volant dragon, etc…

Enfin, après ce long préambule, vient le moment crucial où le « roi »va choisir le future « princesse »… Après avoir fait le tour de toutes les prétendantes, il se dirige au centre le place où sont présentés des sarongs appartenant chacun à une jeune fille différente, le sarong choisi élira la « princesse »…

Et le finalement, le « roi » a plutôt bon goût…

L’histoire ne dit pas s’ils furent heureux ni s’ils eurent beaucoup d’enfants…

En route vers Wakatobi

Ma navigation de retour de Raja-Ampat pour rejoindre le rallye Sail 2 Indonesia m’a mené sur Pulau Obi pour une nuit de repos. Cette île se situe dans le nord des Molluques.

Sur le trajet, j’avais doublé un remorqueur et sa barge chargée de minerai…

Le lendemain en quittant Laiwui, an Nord-Ouest de l’île, j’ai pu apercevoir 2 sites miniers de grande ampleur qui ressemblaient à la mine de nickel de Goro en Nouvelle-Calédonie…

 

Pour comprendre l’importance du secteur minier pour l’Indonésie, quelques chiffres (source Business France) :


  • Le secteur minier est l’un des secteurs clés de la croissance économique indonésienne depuis plusieurs années. Le secteur a contribué pour 6,6 % du PIB indonésien en 2020, et contribue de manière significative à l’emploi ainsi qu’au développement économique des régions les plus éloignées où sont situées les exploitations minières.
  • L’Indonésie est l’un principaux producteurs de nickel avec 52,76 Mt en 2020.
  • L’Indonésie est le 4ème pays producteur mondial de charbon avec 557,5 Mt en 2020 L’objectif du pays est devenir le leader des pays exportateurs de charbon d’ici 2050 avec un volume d’exportations supérieur à 300 Mt. par an.
  • L’Indonésie occupe la 2ème place mondiale pour la production d’étain après la Chine avec 52 500t
  • L’Indonésie est le 2ème pays producteur mondial de cuivre, représentant 10,4 % de la production mondiale, et occupe la 7ème place en termes de réserves de cuivre avec 4,1 % des réserves mondiales.
  • L’Indonésie est le 7ème pays producteur mondial d’or.

Comme en Nouvelle-Calédonie, il s’agit d’une mine à ciel ouvert et donc, d’exploitation de minerai de nickel oxydés. Le groupe chinois exploitant la mine (et qui a un accord de fourniture long terme avec le groupe chinois GEM leader mondial de batteries voitures) utilise 2 procédés de traitement selon le minerai, limonite (teneur en nickel <1,5%) ou saprolite (teneur en nickel >1,5 %).

  1. La saprolite est traitée par un procédé de broyage, calcination puis fusion-réduction qui produit du Ferro-nickel et des mattes par un procédé supplémentaire (à savoir que la production de mattes a cependant une empreinte environnementale élevée, en contradiction avec l’objectif de l’électrification du parc automobile mondial qui est quand même de réduire les émissions de gaz à effet de serre ! Ainsi à Orbi c’est une centrale électrique charbon de 720MW qui permet de réaliser les opérations de fusion…).
  2. La limonite est traitée comme à Goro en Nouvelle-Calédonie par un procédé de traitement hydrométallurgique  par acide sous haute pression qui produit un précipité d’hydroxyde mixte Nickel-coblat (MHP) que l’on peut séparer en sulfates de nickel (utilisés dans les batteries) et sulfates de cobalt…

Les usines de traitement traduisent la politique du gouvernement indonésien visant à exporter des produits à plus haute valeur ajoutée que le simple minerai…

Le nickel est utilisé principalement pour différents procédés de traitement de surface de surfaces des métaux, galvanisation ou l’élaboration d’acier inoxydable. Mais Le nickel est aussi utilisé dans les batteries Li-Ion sous forme de sulfate qui entre dans la composition de la cathode et ce marché est en forte progression. (Dans le futur, les batteries pour voitures électriques pourraient utiliser des associations Nickel-Lithium qui permettent de doubler la capacité par rapport aux batteries Lithium-ion à masse équivalente.)

D’ailleurs, pour parfaire sa stratégie, le gouvernement indonésien a validé en 2022 le projet de construction d’une usine de production de batteries à Kendari (sud-est de Sulawesi) en coopération avec le Chine, un pas de plus vers le développement d’une filière électrique sur le sol indonésien. 

 

Restent que les impacts écologiques et sociologiques de cette implantation ne sont pas neutres comme dans la grande majorité des sites d’exploitation minière…

Les pêcheries diminuent et la santé se détériore à Kawasi, car le projet local d’extraction et de fusion de nickel a commencé à déverser des déchets dans la mer. Les militants dénoncent que le gouvernement donne la priorité au développement industriel sur la santé des personnes et de la planète.

La population locale rapporte déjà des niveaux accrus d’infections respiratoires et s’inquiète de la sécurité de leur eau potable et l’état des pêches locales. Les militants locaux dénoncent le rejet de déchets directement dans la mer. Les mines ont un permis gouvernemental pour jeter 6 millions de tonnes de déchets dans l’océan chaque année…

La ruée vers la fusion de nickel, stimulée par le gouvernement indonésien et qui vise à atteindre les capacités de production chinoises, a été principalement financée par des entreprises chinoises avec des objectifs incompatibles avec le développement d’une Économie Verte !

Et pourtant,

  • et GEM (principal acheteur du nickel d’Orbi) qui contrôle 30% du marché global de batteries s’est engagée dans «l’établissement d’une chaîne d’approvisionnement verte […] à travers le monde» afin de satisfaire ses principaux clients à travers le monde tels que Mercedes-Benz, Volkswagen, BMW, Volvo, Tesla, Daimler, Toyota, Hyunday, Honda…
  • et les constructeurs automobiles ont rejoint l’initiative mondiale afin de «protéger les personnes et l’environnement directement affectés par l’exploitation minière»

(NDLR : source ejatlas.org)

160 Miles nautiques m’amènent au Nord-Ouest de Pulau Buru à Tomahu pour rejoindre une partie de la flotte du rallye. Une cérémonie est organisée par le village pour accueillir les voiliers du rallye. A peine ai-je ancré qu’un groupe vient accoster et m’inviter… Bienvenue dans le rallye S2I…

Au programme, discours en présence d’officiels, danses d’enfants, déjeuner, et bien sûr les « photo Mister »…

Je me rends compte combien les enfants sont nombreux, auparavant ils étaient à l’école… mais ce week-end c’est la fête de l’indépendance de l’Indonésie; la moyenne d’âge en  Indonésie est de 27 ans (contre 42 en France).

Le lendemain, c’est la fête de l’indépendance indonésienne, au programme, défilés militaires, et autres…

Je lève l’ancre de bonne heure pour Wakatobi. Les conditions météo sont très favorables, petite houle, vent 15 à 18 Nœuds et un fort courant portant, 0.7 à 1.5 Nœuds… Cat’Leya pointe à 9 Nœuds avec 12 Nœuds de vent réel… et plus de 10 Nœuds sur une grande partie de la navigation; au final je suis en avance et dois enrouler le génois pour attendre que le soleil se lève en approche de Wangi Wangi pour éviter les FAD (Fish Aggregating Device) et les pêcheurs…

Wangi Wangi dispose d’une petite marina financée par le gouvernement pour développer le tourisme local, et en particulier la plongée. L’accueil est très souriant et bienveillant (peut-être un peu trop a posteriori…).

Wangi Wangi  fait partie de l’archipel Wakatobi auquel il lui a donné une partie de son nom; WAngi-wangi, KAledupa, TOmia, et BInongko.

J’y ferai 4 plongées dont une avec pas mal de courant; 

A l’extrémité de la ville se trouve le village d’anciens nomades de la mer : Bajo Mola. Les maisons sont bâties sur des pilotis enchâssés dans des blocs de corail et les enfants toujours souriants…

Une ballade au Nord de l’île nous donne une nouvelle opportunité de rencontrer des enfants ainsi qu’un  charpentier de marine qui construit des pointus de pêche…

Tout est parfait jusqu’à ce que je demande s’il est possible d’avoir du diesel de qualité « dexlite » ici et si oui je propose d’en acheter 240 l pour remplir mes réservoirs… En Indonésie, il y a 3 qualités de carburant, le Bio Solar (mauvaise qualité), le DexLite et le Dex (qualité proche de la nôtre mais difficile à trouver)… Mes moteurs sont des moteurs « common rail » donc très sensibles aux impuretés et j’insiste donc sur le fait qu’il me faut du DexLite ou rien…

Ervin, l’une des personnes de l’office de tourisme organise la livraison. Le soir j’apprends par un mécanicien auto qu’il n’y a pas de Dexlite sur l’île car il est vendu le double du Solar et personne n’en veut… Première arnaque en Indonésie ! Pour 100 Euros ils ont délibérément mis mes moteurs et moi en danger  !

Je dispose d’un système de filtration fine du carburant mais la composition des carburants est différente : « La teneur en soufre du Dex n’est que de 300 parties par million, tandis que celle du Solar est de 2 500 ppm et celle du Dexlite de 1 200 ppm. La faible teneur en soufre peut empêcher le moteur de s’endommager facilement. Étant donné que le soufre peut déclencher des niveaux d’acide excessifs dans les moteurs diesel, entraînant des dommages aux composants du moteur, depuis la conduite de carburant jusqu’à la formation de tartre sur le moteur« .

Heureusement les réservoirs étaient plein à 75%, la teneur en soufre de mon mélange doit être d’environ 850 ppm ! L’avenir nous dira ce qu’il en est…

 

 

Raja Ampat (5) : Wayag

 

Wayag est la destination ultime de Raja Ampat, située dans l’hémisphère Nord (pour 1 degrés de latitude… donc environ 18 km), c’est un archipel d’îlots, formations rocheuses karstiques, couvertes de végétation luxuriante, entre plages de sable blanc et lagons turquoises.

45 miles nautiques séparent Pef de Wayag, nous quittons notre petit lagon aux accents germaniques pour une journée de portant.

Naviguer sur un voilier moderne est relativement aisé compte-tenu des outils et des données dont on peut disposer, mais parfois trop d’informations peut amener à des erreurs irréparables…


La localisation, c’est le rôle du GPS, le même que dans votre voiture…, les données, ce sont les cartes nautiques numériques, vectorisées, ce qui permet d’affiner les détails en augmentant le facteur de Zoom sur le « traceur de cartes » et de rajouter des informations contextuelles.

Les cartes nous fournissent beaucoup d’informations, les plus importantes sont les profondeurs et les contours de la terre… Malheureusement, dans beaucoup de pays du Pacifique et d’Asie, les cartes sont issues de relevés réalisés il y a fort longtemps et par conséquent ont une précision très relative… (l’erreur peut atteindre 1k m sur la position d’une île…), sans compter les éléments non répertoriés, rochers affleurants, îlots, etc…

Depuis leur mise à disposition au grand public, les images satellites sont dans ce cas d’un grand secours. Ces images sont géo-référencées, c’est-à-dire, précisément repérées par leurs coordonnées géodésiques et peuvent donc être superposées aux cartes marines afin de compléter ou corriger celles-ci. Dans certains pays, comme Fidji, il est inimaginable de naviguer sans de tels outils sous peine de finir immanquablement sur un récif… Bien entendu, ce serait tellement plus simple de pouvoir afficher ces cartes sur le « traceur de carte » du bateau, mais, ni B&G ni Raymarine, ne proposent cette option, seules les images de la partie terre peuvent être superposées… une histoire de gros sous certainement, car les cartes marines sont chères et certains seraient tentés de s’en passer ou ne pas payer les mise à jour… Il faut donc préparer en avance précisément sa navigation en reportant les points de la « route » prévues contrôlées sur les images satellites sur le traceur.

Et voilà où je voulais en venir, car si les cartes marines sont parfois fausses, les images satellites sont parfois incomplètes (donc fausses)…

En voici un exemple lors de ma navigation entre Pualu Pef et Wayag :

Sur la carte Navionics, en avant bâbord du bateau, repéré par le numéro 1, on voit un groupe de 3 points, labellisés « land area », et un îlot repéré par le numéro 2… Ce nést pas très explicite mais au moins éveille l’attention…

Sur le logiciel de navigation OpenCPN que j’utilise en complément pour les images satellites, voici ce que j’obtiens; avec ArcGIS : RIEN !!!

et avec Google Earth seul l’îlot 2 apparaît… en fait 3 îlots !

Et voici ce que je vois vraiment :

Le problème provient probablement du traitement des images satellites par le logiciel qui détecte automatiquement les zones terrestres et qui manifestement n’est pas parfait…

Ceci étant, ces images sont d’une aide sans équivalent pour les mouillages, les passes d’entrée dans les lagons, etc… De plus certains fournisseurs de cartes utilisent les images satellites pour mettre à jour certains contours d’îles très erronés en vectorisant les images satellite correspondantes.

Gare à la Navigation parbleu !


Sur le chemin, nous croisons quelques fermes de pisciculture.

Nous voici donc à Wayag, Cat’Leya se faufile au moteur pour trouver son chemin dans ce dédale semé de cailloux verdoyants et, finalement, vient mouiller à l’entrée d’une baie turquoise.

L’exploration se poursuit plus facilement avec l’annexe car les passages entre îlots sont parfois à fleur d’eau et nous amène sur une plage d’où une montée raide permet d’accéder au sommet d’un de ces îlots, le mont Pindito,  et nous offre un premier aperçu…

Cat’Leya est le seul voilier mis à part un bateau de croisière plongée à l’entrée…

Et voici les photos prises du drône ainsi qu’un panorama du mouillage.

En fin d’après-midi, un grand nombre de baleines pilote (en fait il s’agit de dauphins, le nom provient de l’anglais pilot-whale) qui passe juste à côté du bateau pour revenir dans l’autre sens quelques dizaines de minutes plus tard… tout le monde peut faire une erreur de navigation !

 

Raja Ampat (4) : Pulau Pef

 

Nous quittons le centre de plongée de l’île Kri pour celui de l’île Pef un peu plu au Nord, en direction de Wayag.

Le site est tenu par une suissesse allemande sympa qui m’accueille avec une invitation à la soirée apéro. Cat’Leya est sur une bouée au beau milieu du lagon intérieur de l’île, bien à l’abri…

Le soir venu… l’équipe de plongée se transforme en orchestre local en agrémentant le magnifique coucher de soleil d’une musique indonésienne entraînante…

Pef est un avant-goût de Wayag avec un labyrinthe d’îlots posés sur la mer qui appelle à une découverte en annexe. Juste à côté du « resort », une petite randonnée mène au sommet de l’un de ces pythons rocheux d’où la vue embrasse toute l’île.

Pour la première journée de plongée, nous irons à Yanggelo… Par endroit la visibilité n’est pas très bonne mais les rencontres sont là, wobbegong, poisson crocodile, tortue, langouste, etc…

et le lendemain autour d’un îlot où se trouve une station de nettoyage pour les raies Manta.

 

Raja Ampat (3) : Kri

Papua Diving est l’un des centres de plongée les plus anciens de Raja Ampat, situé sur l’île de Kri, il est au cœur des spots de plongée les plus réputés de Raja Ampat.

Après une prise de coffre laborieuse compte-tenu du courant… voici Cat’Leya au repos pour quelques jours.

Le soir dîner au « resort » en compagnie de « Cuscus », le marsupial local !

Voici la carte des sites de plongée :

Et enfin, le lendemain matin, début du séjour de plongée avec le premier site « Blue Magic » :

Premiers Wobbegongs, c’est l’un des requins les plus rares que l’on puisse rencontrer. On ne le trouve que dans un petit nombre de destinations de plongée à travers le monde et en particulier en Australie et en Indonésie. Wobbegong est le nom commun donné à 12 espèces différentes de ce requin, également connu sous le nom de « requin tapis » en raison de sa barbe hirsute qui pousse autour de sa bouche et du fait qu’il passe la plus grande partie de sa vie étendu au fond de l’océan.

Il est loin de l’image puissante, inspirant la peur et en forme de torpille que nous avons de la plupart des requins. Ce requin orné a un corps plat qui est bien camouflé avec de larges taches de couleur pour correspondre au récif qui l’entoure. Comme ils ont la capacité de pomper l’eau sur leurs branchies, ils n’ont pas besoin de nager continuellement et passent donc la majorité de leur vie allongés sur le fond du récif. Ce mode de vie sédentaire, combiné à leur peau superbement camouflée, rend leur repérage difficile » (NDLR : Meilleures photos plus loin…)

Premiers « Nudibranches » : les nudibranches forment un ordre de mollusques gastéropodes. Ces animaux marins sont caractérisés par leur absence de coquille, d’où leur appellation fréquente de «limaces de mer»,  et leurs branchies nues, origine de leur nom.

Barracudas, carangues, requins gris, gaterins (sweetlips en anglais)…

Deuxième plongée sur « Mioskon » :

Rencontre avec des tortues, murènes, gaterins, et poisson-clowns…

Alors que certains nous prédisaient une mauvaise visibilité, les courants de marée nettoient les sites et la visibilité est plutôt bonne…

Troisième plongée sur le site Mike’s point : la vie est foisonnante ici et la visibilité excellente,

 Quatrième plongée sur le site Frewin Bonda :

Cinquième plongée devant le village de Sawandarek sur l’île Mansuar, je vous propose des séries :

Wobbegongs :

Gaterins :

Tortues :

Nudibranches :

divers :

Sixième plongée à l’Ouest de Pulau Kri :

Raja Ampat vaut vraiment le détour pour la plongée… Même si la saison n’est pas réputée être la meilleure, je ne vois pas trop ce que l’on peut espérer de plus, si ce n’est plus de monde…

 

Sorong, Papouasie indonésienne

Nous quittons Arborek pour une destination dans notre Sud-Est, et donc une navigation au près… Une halte à mi-chemin au Nord-Est de Batanta dans un bras de mer très encaissé nous offre une nuit de repos au chant des oiseaux…

Le lendemain, nous arrivons à Tampa Garam Boat Harbor, une marina sur le site d’un centre hôtelier de tourisme qui n’a jamais vraiment vu le jour… L’entrée est un peu étroite, le virage suivant un peu chaud, et à l’arrivée mouillage méditerranéen, ancre et lignes d’amarrage par l’arrière…

L’accueil de Wick et son équipe est très agréable, et nous allons profiter de ces quelques jours pour visiter cette grande ville.

Sorong est la plus grande ville de la Papouasie occidentale. Du « resort », il ne reste plus qu’un restaurant, duquel nous deviendrons de fidèles clients, et d’immenses piscines d’eau douce où les enfants du voisinage viennent se rafraichir.

Les plats au menu sont à 100000 IDR (Roupie Indonésienne) soit 6 Euros et tournent autour de riz sauté ou de nouilles agrémentés de fruits de mer, poulet, ou boulettes de viandes et autres saucisses..

L’environnement marin est très sale, la houle amène des quantités de détritus et autres plastiques.

Un peu plus loin vers Sorong, à la sortie de Tampa Garam, un village de pêcheurs sur pilotis.

Pour les déplacements ici, le scooter est le meilleur moyen de transport, sauf pour les âmes sensibles; les règles de circulation ne me sont toujours pas familières… La vie est très animée, les communautés chrétiennes et musulmanes, à peu près 50/50, se côtoient et travaillent ensemble sans problème apparent.

Le grand marché central de la ville est l’une des attractions de Sorong. On y trouve des fruits et légumes, quelques poissons fumés, mais il est vrai qu’il y a un marché au poisson le matin près du port… pas de viande, seulement des œufs. Ne parlant pas le Bahassa, il faut se faire montrer les prix à l’aide des billets… On nous a conseillé de choisir plutôt les vendeuses musulmanes sans présence d’homme; elles seraient plus honnêtes… En ce moment nous y trouvons de belles mangues, des « snake fruit » (en raison de leur peau semblable à celle des serpents) , quelques pommes, des ananas, de citrons, etc…

Plus haut, une autre attraction le temple chinois, une pagode, qui sera surtout l’occasion pour nous de parcourir des chemins de traverse sur les sommets des collines dominant la ville.

La ville originale de Sorong était située sur une île toute proche, Pulau Doom. Pour s’y rendre, taxi boat, des « pointus » pas rassurant, dont il faut négocier le passage…

Le village est encore une fois partagé entre chrétiens et musulmans, une mosquée, une église, deux cimetières cote à cote… Les taxis-vélos sont encore autorisés ici, et en fait le seuls taxis !

Ici aussi les enfants en nous voyant nous lancent du « Hey Mister »ou « Bule » (ne pas confondre avec Pule : puer… confusion qui m’avait surprise à premier abord), c’est-à-dire « blanc »…

Les adultes sont aussi curieux de nous que nous le sommes d’eux-mêmes, à plusieurs reprises nous devons poser pour une photo de famille…

 

Raja Ampat (2) : Arborek

 

Nous quittons Balbulol pour Pulau Arborek, une petite île près de Pulau Gam où les fonds sont réputés magnifiques.

Nous faisons un stop près de l’extrémité Nord-Ouest de Salawati, la province occidentale de Papua, puis atteignons Arborek; les parages sont assez profonds, de l’ordre de 30 mètres, mais nous trouvons un  endroit avec 15 mètres où nous mouillons l’ancre.

Les courants entre Pulau Gam et Pulau Arborek sont assez forts, ce qui explique que la visibilité sous l’eau soit si bonne… La première nuit, nous sommes réveillés par le bruit des vagues, comme en navigation, des courants tourbillonnaires entourent Cat’Leya, nous mesurons 3,5 Nœuds de courant…

Arborek, qui signifie littéralement, Raie Manta, en Bahassa, est un petit village de pêcheurs qui s’est reconverti avec succès dans l’hébergement touristique, tant les sites de plongée y sont nombreux et fantastiques.

C’est la basse saison et pourtant le planning des plongées est plein… Nous rencontrons pas mal de français sur place et allons dîner dans l’un des « homestay », un plat de nourriture indonésienne à base de poissons qui nous sera facturé 150000 Roupies soit 9 Euros… Le coût des plongée y est par contre très proche du standard européen…

Le village est bien structuré, propre et très accueillant.

Le lendemain, nous faisons 2 dérivantes avec l’annexe, un véritable aquarium qui bénéficie du fait que ce site fait partie de la Réserve Marine de Raja Ampat.

Il va me falloir planifier mon programme de plongée à l’avance dans un club…