Macquarie harbour : l’île Sarah

Le cycle dépression – haute pression se poursuit et une fenêtre météo favorable se présente pour descendre la cote Ouest de la Tasmanie vers Macquarie Harbour, l’une des étapes majeures avec Port Davey.

Cette nuit le vent va virer au Nord-Ouest, nous quittons Grassy juste avant la tombée de la nuit pour une navigation de 140 NM ; la houle de Sud-Ouest s’est atténuée et le passage s’annonce confortable.

Nous arrivons donc en milieu de journée à l’entrée de Macquarie Harbour : Hells Gates (les portes de l’enfer)…

L’entrée est étroite et les vagues peuvent déferler quand une forte houle de Nord-Ouest se lève, mais aujourd’hui, aucune raison de s’inquiéter. C’est l’étale de marée basse et la mer est calme. Le chenal est quand même très étroit entre Entrance Island et Bonnet Island et il vaut mieux suivre précisément les directives des instructions nautiques

Nous allons mouiller sur la berge opposée au chenal pour la nuit, King Point.

Macquarie Harbour est un vaste port naturel qui s’étend sur une longueur de 20NM du Nord au Sud pour 4 NM de large. Macquarie Harbour hébergeait une ancienne colonie pénitentiaire coloniale britannique, établie sur l’île Sarah, qui a été utilisée entre 1822 et 1833. Il paraissait en effet impossible de s’échapper ce cet endroit tant l’océan et la terre alentour étaient inhospitalières. La colonie abritait des condamnés de sexe masculin, avec un petit nombre de femmes hébergées sur une île voisine. Au cours de ses 11 années de fonctionnement, la colonie pénitentiaire a acquis la réputation d’être l’une des colonies pénitentiaires les plus dures des colonies australiennes. En fait, le nom de l’entrée du chenal ne vient pas de la dangerosité du site mais de cette réputation, les portes de l’enfer… Le lendemain nous nous dirigerons vers Sarah Island où se trouvait le pénitencier.

Deux siècles après, de nombreux vestiges sont encore présents, les cheminées construites en brique de différents bâtiments, des fours, quelques fortifications, etc… Un ancien détenu d’origine française,  Constantini, qui gagna sa liberté grâce à ses talents de peintre, témoigne de l’organisation du pénitencier. Les forçats n’étaient bien entendu  pas là par hasard, le site avait été recommandé par le capitaine James Kelly qui souhaitait y exploiter les pins de Huon dont les qualités les prédisposaient à la construction de navires. A tel point que Sarah Island devint un chantier naval important où furent construits une centaine de bateaux.

L’opération de construction navale sur l’île Sarah a conduit à l’une des évasions les plus audacieuses de la colonie pénitentiaire. En 1834, dix condamnés qui avaient aidé à construire un brick nommé le Frederick volèrent le navire non achevé alors qu’il se préparait à naviguer vers Hobart. Ils ont navigué vers l’ouest et se sont rendus jusqu’au Chili, où ils ont dû abandonner le navire à cause d’une fuite. Ils ont ramé dans la baleinière du navire jusqu’au rivage et se sont fait passer pour des marins naufragés. Quatre des hommes ont été capturés et ramenés pour être jugés pour piraterie. Cependant, ces accusations ne pouvaient pas tenir parce que le navire n’avait pas été achevé et n’avait pas été saisi en eaux libres, ils n’ont donc été reconnus coupables que de vol qualifié !

Le jour suivant, retour vers la nature à Birch Inlet, toujours pas de bateau ici mais des cygnes noirs.

 

 

 

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