Tonga Archipel de Vava’u : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (8)

A cette période de l’année, les dépressions se succèdent la-bas en Nouvelle-Zélande et envoient un flux de Sud jusqu’au Samoa. En prévision d’une telle rencontre, nous quittons Sava’i en faisant route vers le Sud-Est de manière à pouvoir virer Sud-Ouest à l’arrivée du front…

La prévision était bonne et au milieu de notre route, le vent tourne et se renforce, grâce à notre choix, CAT’LEYA ne se retrouve vent de face mais au près bon plein avec une houle de plus en plus généreuse, les heures qui suivent ne resteront pas dans les mémoires…

Nous arrivons finalement à Nefaiu, le port d’entrée le plus Nord des Tonga et nous adonnons au jeu préféré des yacthies : « les formalités d’entrée ».

Nous présentons fièrement notre « clearance » des Samoa, si chèrement obtenue, et l’officier des douanes nous demandent la clearance des douanes ??? Pour nous notre document signé du cabinet du premier ministre fait office de clearance des douanes, hélas pas pour notre interlocuteur…

Nous sommes tout de même autorisés à sortir du bateau et nous rendre au marché pour les provisions.

Nous mettons à profit cette halte forcée pour de la maintenance sur CAT’LEYA. Depuis le début de l’année , nos si »belles » voiles (tissu TRILAM assemblées par la voilerie TAROT) nous font soucis… Les jonctions de laizes se décollent et les coutures cisailles les panneaux créant un délaminage des voiles. Nous avions ainsi déjà perdu le code 0 et le spi laminé… Durant la descente des Samoas, le génois a rendu l’âme et la GV est sur le point de se délaminer malgré nos multiples réparations. Moins de 3 ans de durée de vie, c’est un peu court !!!

CAT’LEYA s est donc vu habillée des voiles neuves Incidences d origine qui étaient stockées à bord au cas où….

5 jours plus tard après avoir contacté par mail le DG des douanes du Tonga, notre bonne foi a finalement été reconnue et nous sommes acceptés aux Tongas…

Nous allons enfin découvrir ces archipels si prisés par les américains.

A Nefaiu, nous retrouvons l’esprit des Samoas, beaucoup d’église, avec les règles qui s’en suivent, par exemple, interdiction de travailler ou d’avoir une activité le week-end… Nous en ferons l’expérience quelques jours plus tard, en fin de plongée un bateau de la police locale vient nous accoster pour nous signifier que nous sommes en faute pour avoir plonger une Dimanche… même les locaux que nous interrogerons sur le sujet ne le savaient pas…

Les tongiens sont accueillants, et au hasard des rencontres dans la rue nous demandent d’où nous venons en ouvrant de grands yeux quand on leur parle de la France…

Du sommet de l’île, une splendide vue s’offre à ,nous, un dédale de chenaux au travers d’îles très vertes qui nous promet de belles navigations à la voile.

Nous quittons Nefaiu pour visiter des grottes, Swallow’s cave (la grotte des martinets) accessible en annexe puis Mariner’s cave uniquement accessible en plongée, car l’entrée y  est au-dessous du niveau de la mer.

Notre premier mouillage sera  Nua Papu puis Blue Lagoon, une eau parfaitement claire, des plages sublimes qui découvrent à marée basse et une végétation luxuriante à terre.

A Nua Papu, David et sa femme organisent un repas sur leur île, Vakaietu, cochons de lait grillé, thazard cru, légumes locaux préparés à la tongienne, etc…

Blue Lagoon est le mouillage le plus réputé de Vava’u, situé à côté de Hunga, c’est une baie fermée par des récifs et des îlots, un vrai cliché de cartes postales…

A chaque fois, nus allons plonger avec Germano et Lucia, nos amis brésiliens d’Arthi, jardins de corail, visibilité de folie et une vie exhubérante…

Samoa île Savai’i : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (7)

Une cinquantaine de miles nous séparait de notre prochain mouillage, la baie de Matautu sur l’île de Savai’i.

La côte y a été dévastée par une éruption volcanique 2005-2011 qui a déversé sa lave sur de nombreux villages. Seule une église témoigne de cette catastrophe naturelle ainsi que la tombe d’une jeune fille enterrée quelques jours avant l’évènement et que la lave aurait épargner…

Les villages se succèdent avec la même organisation, groupes de maisons disposant chacune de sa « cour couverte » à proximité d’une église… Les femmes se regroupent dans ces cours, assises en tailleur sur des nattes tressées en coco, discutent et rigolent. Le matin, nous sommes réveillés par les chants des enfants à l’école.

La baie possède de belles plages de sable blanc, les fonds de roche volcanique sont déchiquetés et j’y ai rencontré de très nombreuses tortues marines malgré une visibilité plutôt moyenne.

Nous assisterons aussi à une démonstration de faifai, la danse samoane !

Ce sera aussi l’occasion de faire de belles plongées avec le club Diving Savaii,

paysages déchiquetés d’origine volcanique, arches et failles …

tortues marine qui reviennent chaque année pondre sur les plages de sable blanc …

et épave… un 3 mâts qui est venu s’échouer sur le récif avant d’être coulé par un cyclone…

Samoa île d’Upolu : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (6)

70 miles séparent les Samoas américaines des Samoas. Nous atterrissons à Apia, seul port d’entrée autorisé, dans l’île d’Upolu. Partis le vendredi matin, nous arrivons en fin d’après-midi pour découvrir malheureusement que nous avons passé la fameuse ligne de changement de date !

Double punition, non seulement nous avons perdu une journée de notre vie (à force de gagner des heures en allant vers l’Ouest, il fallait bien payer un jour…) mais en plus les autorités sont en week-end et il nous faudra attendre lundi matin pour faire notre « clearance »…

Nous mouillons dans une jolie baie, près du port de commerce où s’affairent cargos et bateaux de pêche. La marina est minuscule, les maux causés par le dernier cyclone n’ont pas été réparés et il n’y a plus de place pour CAT’LEYA.

Le long de la baie nous comptons 4 ou 5 églises dont une cathédrale dominées au loin par une montagne culminant à presque 1000 m.  Le relief accroche les nuages et quelques averses bienvenues viendront rincer CAT’LEYA.

Lundi, dès 8h30 j’appelle les autorités portuaires pour obtenir la visite des douanes, des services sanitaires et de l’immigration, je vais en profiter pour demander un permis de navigation (obligatoire ici) afin d’aller dans la 2ème île, Sava’i, et si possible faire la « clearance » de sortie en même temps. Et oui, les formalités de sont pas si simples en bateau, et particulièrement ici… Je vous épargnerai les détails, et nombreux voyages entre le 1er et le 4ème étage du bâtiment du gouvernement, mais finalement 3 jours après j’obtiendrai  le précieux sésame, une « clearance » signée par un responsable du Cabinet du Premier Ministre m’autorisant à naviguer et à quitter les Samoas sans repasser par Apia ! Aucun autre bateau présent n’aura réussi cet « exploit », merci Henrietta !

Nous allons enfin pouvoir découvrir la terre Samoane.  On roule à gauche aux Samoas (depuis 2009 seulement), beaucoup de taxis mais aussi de bus multicolores du même type que ceux des Samoas américaines. Apia est très animée en semaine notamment près des marchés. En dehors des villes, les maisons y sont organisées comme chez leurs voisins américains, elles sont regroupées par famille (ex tribus) et disposent d’un espace couvert, parfois avec un toit traditionnel en forme de dôme, où partager des moments. Les maisons sont peu cloisonnées, la vie se fait essentiellement à l’extérieur.

La plupart sont bâties à proximité d’églises de congrégations chrétiennes très diverses, catholiques, méthodistes, mormons, adventistes, église de Jésus Christ et des saints des derniers jours, etc… Certains édifices sont impressionnants en particulier l’église méthodiste au Nord d’Apia en forme de dôme à 9 faces…

Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’île au trésor ou Dr Jekyll et Mr Hyde, a vécu dans les hauteurs d’Apia à la fin de sa vie, nous visiterons cette grande demeure restaurée ainsi qu’un musée fort intéressant sur l’histoire des Samoas. Histoire complexe, car Anglais, Allemands puis Néo-zélandais après la défaite allemande de 1918 ont successivement géré ce territoire, qui de manière pacifique est finalement parvenu à obtenir son indépendance en 1962.

Le Sud de l’île nous rappelle son origine volcanique, les falaises de roche volcanique dessinent un paysage sauvage et magnifique et se disputent la côte avec de belles plages de sables blanc.

Ensuite ce sera Sava’i, lîle occidentale des samoas.

Samoa Américaines : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (5)

Traversée éclair depuis Suwarrow, 2 jours et 6h pour parcourir les 450NM dans une mer forte agitée par une houle de Sud-Est.
A l’arrivée, c’est le Lundi de la fête du travail, mes appels à la vigie du port restent sans réponse et nous allons mouiller dans des fonds réputés de mauvaise tenue.
A terre, c’est un petit bout d’Amérique perdu dans le pacifique sud, gros pick-ups Ford F150 et autres Silverado, tenues d’école règlementaire avec le fameux sarong Samoan pour les garçons, des dizaines d’église de différents cultes, beaucoup de bâtiments administratifs pour les 15000 âmes de ce territoire US… Peu de yachties, j’en ai compté 4, mais Pago-Pago, le port d’entrée des Samoa américaines a mauvaise réputation, conserverie de poisson, usine de production électrique qui produisent des nuisances olfactives et sonores…
Finalement des formalités d’arrivée, très simplifiées, sont réalisées et nous pouvons sortir à terre.

Pour découvrir cette île, nous empruntons les transports « publics » avec les Samoans, vieux camions a carrosserie en bois du type indiens ou asiatiques, notre chauffeur d’origine des Samoas occidentales est l’oncle d’un joueur de rugby de Toulon.


La côte Est est belle et plutôt sauvage, de belles maisons se cachent dans la forêt tropicale près de petites baies de sable relativement protégées.

Le côte Ouest est plus urbanisée, magasins, écoles, de nombreuses églises et habitations.
La seule route de l’île est très fréquentée, d’autant que tout le monde roule en gros pick-up V8 !
Mais partout encore, les traces du tremblement de terre de Septembre 2009 et du tsunami qui s’en est suivi ne sont pas encore effacées.
Finalement cette étape fut une belle surprise et une invitation aux Samoas occidentales.

Suwarrow : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (4)

De la Polynésie française vers la Nouvelle Zélande, 3 routes sont possibles. Parmi celles-ci 2 sont intéressantes, la route sud qui passe par Palmerston et Niue (le plus petit état du monde) et l’autre, la route nord, par Suwarrow. Les français choisissent généralement la route nord car nous sommes un peu attachés aux Moitessier et autres navigateurs solitaires…
Suwarrow, c’est l’atoll de Tom Neale, un néo-zélandais qui a passé près de 22 ans (en 2 séjours) sur ce bout de corail à 500 Miles de part et d’autre d’îles plus importantes pour prouver que c’était tout simplement possible.
La météo étant plus favorable, nous sommes partis vers le Nord avec l’idée de nous diriger ensuite vers les Samoas.
Théoriquement il est interdit d’atterrir à Suwarrow avant d’avoir préalablement fait son entrée dans les îles Cooks dans un port d’entrée officiel… un formulaire spécial existe pourtant, il fut rempli, expédié à qui de droit et en retour « this message was deleted before being read ». Ce fut donc une route directe Mopelia – Suwarrow.


A l’arrivée John et Harry les 2 rangers qui protègent cet atoll, parc naturel des îles Cooks, nous ont reçu très gentiment et fait les formalités d’entrée sans aucun problème…


L’eau y est incroyablement claire, les poissons curieux et non craintifs (la pêche est interdite), des centaines d’oiseaux, fous, sternes blanches et noires, frégates, tournoient en piaillant dans le ciel, les coraux en pleine forme, les rangers font manifestement bien leur travail !

Le traditionnel repas organisé par les rangers eut lieu la veille de notre départ, bbq avec du thon rouge pêché dans la passe.

Dernier cadeau de Suwarrow pour notre départ, un beau thon rouge à la ligne en sortant de la passe !

 

Mopelia : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (3)

Lors de notre arrêt à Maupiti, je savais que Mopelia n’était desservie par aucune liaison maritime. Mopelia est isolée de Maupiti, seul un cargo chargeant les récoltes de coprah vient tous les 8 mois environ prendre cargaison lorsque la récolte a atteint environ 40 tonnes ! Je suis donc allé demandé à la mairie si certaines familles voulaient qu’on livrent des paquets à Mopelia.
La veille de notre départ, 3 familles sont venues nous livrer des colis, bananes, riz, ferments (pour faire de la bière « locale »…), sucre, batterie, etc… pour leurs parents installés à Mopelia.

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A notre arrivée à Mopelia, l’iridium mis à la disposition des habitants avait fait son œuvre et nous étions attendus… Durant tout notre séjour, nous serons remerciés, invitation à diner ou déjeuner, cadeau de poisson, de crabe de cocotier, de pain coco, de langoustes, etc… et de beaucoup de gentillesse ; l’accueil et la convivialité polynésiennes !
Mais avant cela, il faut entrer à Mopelia et la passe de Mopelia est particulièrement étroite ; Comme c’est la seule passe de l’atoll le courant y est quasiment toujours sortant avec une grosse intensité ! En tout cas, elle nous a paru bien plus dangereuse que celle de Maupiti…

Un long motu occupe toute la côte Nord-Est de l’atoll. C’est là que les locaux cultivent le coprah. L’atoll appartient à la commune de Maupiti qui délègue la gestion des terres à la coopérative de Mopelia ; ainsi les terres sont distribuées à la demande et la coopérative met à la disposition de ses membres des services et des matériels (téléphone, tracteur et remorque, etc…) Le président de la coopérative évalue régulièrement le stock des récoltes afin de commander le cargo quand le quota de 40 tonnes est atteint. 25 habitants sont installés sur l’atoll, tous originaires de Maupiti mais les enfants restent à Maupiti car ici pas d’école, pas d’infirmerie non plus, aucun service ou commerce. On comprend mieux le rôle si important des voiliers qui assurent l’essentiel des livraisons vitales pour la population. La vie y est difficile, seul Marcello a un frigo et un congélateur, quelques panneaux solaires assurent l’éclairage. La « bière » y est faite localement à partir de sucre et de ferments, la nourriture doit être consommée immédiatement…


Mais la nature y est restée sauvage et les ressources bien gérées. On y trouve des crabes de cocotiers (les fameux caveous), des langoustes, les poissons sont tous comestibles, pas de ciguatera ici, et même si certains peuvent être choqués, on y mange de la tortue, seule source de viande…
Et pourtant les repas auxquels nous serons invités seront parfaitement cuisinés, langoustes grillées, caveous sauce coco, bénitiers en sauce, poisson cru, accompagnent de riz et d’uru, etc…

Nous participerons également à une pêche au fusil harpon dans la passe au milieu des requins, j’avoue ne pas avoir été rassuré quand l’un des pêcheurs a tiré sur une femelle requin qui devenait un peu « collante » et que celle-ci s’en est pris au fusil du harponneur puis au mien…
A vous tous, Tehiaroa , Marcello, Harry, etc… et à vos familles, quelle tristesse de vous quitter et quel bonheur ces quelques jours nous ont apporté !

Maupiti : Traversée Tahiti – Nouvelle-Zélande (2)

Avant le meilleur, le pire…
A Bora-Bora les voiliers ne sont pas toujours les bienvenus, c’est du moins le sentiment partagé par les voiliers de passage… Nous serions même, selon certains, la cause de la chute de fréquentation des grands hôtels… A moins que la concurrence indonésienne, Bali en particulier offre un meilleur rapport qualité-prix ?
Toujours est-il que la commune de Bora-Bora a décidé de quasiment bannir les voiliers de son lagon en restreignant le mouillage des voiliers sur 2 zones seulement… Alors que les « voileux » recherchent plutôt une certaine liberté dans des mouillages isolés…
A notre arrivée depuis Tahaa, nous mouillons près de la gendarmerie au village afin d’aller faire notre formalité de sortie de Polynésie, nous remarquons vaguement une femme nous faire des grands gestes en criant… Quelques temps plus tard un bateau arrive en nous disant qu’il ne faut pas rester là car nous « cachons la vue à la dame »… et que sinon « l’armada va arriver et nous casser la figure ainsi que le bateau », ça c’est un accueil que je n’avais jamais encore eu en Polynésie ! Dès le repas terminé, nous déménageons donc dans une zone éloignée où sont mouillés d’autres voiliers… Et revoici le même bateau qui en gros nous dit de dégager à nouveau « Excusez-moi, je ne vous ai pas montré la carte de mouillage, vous êtes dans une zone interdite et si vous restez c’est amende… De toute façon bientôt le mouillage sur ancre va être interdit à Bora » nous dit-il. Le capitaine commence à voir rouge… d’autant qu’en Juillet le catamaran « Archer » a fait les frais de cette nouvelle politique, la bouée installée par la mairie a cédé et le bateau a eu de sérieux dégât… mais nous irons mouiller sur ancre un peu plus loin.
Heureusement pour nous la nouvelle règlementation n’est manifestement pas mis en totale application, une fois les formalités faites nous irons retrouver l’un de mes sites préférés, près du motu Faraone pour le week-end avant de partir pour Maupiti.
Maupiti, c’est le petit joyau des îles sous le Vent, un petit Bora-Bora sans les touristes et avec de vrais polynésiens accueillants envers les visiteurs. Seul bémol, la passe y est réputée dangereuse, voire très dangereuse lorsque la houle de sud vient déferler sur la passe et que le vent est fort… C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans des livres écrits pas certains tourmondistes…
Sur CAT’LEYA nous ne sommes pas téméraire, nous attendons donc une journée avec un vent et une houle faibles.


C’est ainsi que nous nous présentons à la passe à l’étale de basse mer, avec une houle de 1.90m et un vent de 12 Nœuds, les conditions idéales, et l’entrée se déroule à merveille !


A l’intérieur de l’atoll, le tour de Maupiti à pied nous permet de découvrir un environnement magnifique.

…Un avant-goût de la montée au sommet de Maupiti qui restera gravée comme un moment fort de mon passage en Polynésie.

Et ce soir, tupas à la mayonnaise !

un Catamaran autour d'un monde bleu

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