Le lagon Sud de la Nouvelle Calédonie

 

Le lagon de la Nouvelle Calédonie est le plus grand du monde par la longueur de son récif et le deuxième par sa superficie… Parsemé d’îlots, dont nombreux sont protégés, Aire marine ou Réserve naturelle, ils abritent une faune et une flore très variée qu’il nous tarde de découvrir.

 

Au départ de Port Moselle à Nouméa, nous mettons le cap vers l’îlot Larégnère où les tortues grosse tête viennent pondre en saison. Nous retrouvons enfin les récifs et les couleurs du Pacifique Sud.

C’est aussi notre première rencontre avec  les « tricot rayés », serpent endémique à anneaux alternés jaunes et noirs. Ils sont amphibies comme les tortues marines et stockent l’oxygène dans leur peau, ce qui leur permet de rester en chasse dans l’eau pendant une heure environ.

Malgré leur petite taille, ils affectionnent particulièrement les murènes qu’ils tuent grâce à leur venin très toxique et qu’ils avalent avant d’aller les digérer à terre durant plusieurs jours.

 

Une dépression est annoncée, nous nous déplaçons plus au sud vers l’îlot Mato, protégée de la houle et de tous les vents par son propre récif.

Sur la route, je mets une ligne de traîne à l’eau, quelques minutes plus tard, le sifflement du moulinet me fait sursauter, je remonte un petit Wahoo qui sera à l’honneur du déjeuner en sashimi huile d’olive miel…

Première plongée masque tuba, nous sommes quasiment dans un aquarium, bien entendu nous retrouvons aussi la compagnie des requins, un pointes blanches et un pointes noires, des fois que je sois en train de chasser….

Du sommet de l’îlot, une vue splendide s’offre à nous, le récif du lagon, l’île des Pins au loin, les 3 îlots Noé, Puemba et Pimba, et l’île Ouen au Nord.

Un couple de balbuzards et leurs petits s’adonnent au vol dynamique sur le pente.

L’autre belle surprise est la présence d’Impi, un Lagoon 440 sud-africain sur lequel Brent et Anna réalise aussi un tour du monde depuis de nombreuses années, avant mon départ de France c’était l’un de mes sites préférés pour préparer mon voyage. Nous passerons ensemble une belle soirée comme souvent entre « voileux » autour du monde…

Liberté retrouvée, CAT’LEYA en Nouvelle-Calédonie

Juillet 2022, les frontières ré-ouvrent enfin, Vanuatu, îles Solomons, etc… Nous quittons la Nouvelle-Zélande, heureux et tristes à la fois, tant notre séjour forcé fût une source de découverte et d’enrichissement avec une mention particulière pour notre croisière dans l’île du sud.

Mon VISA expire le 30 juin et malgré plusieurs contacts avec l’immigration depuis avril, pas de nouvelle au sujet de ma demande d’extension… Le 22 juin, la dernière dépression venant de l’Australie est bien à l’Est, la houle s’est calmée et malgré une haute pression augurant de vents faibles et d’heures moteur, les conditions météo sont favorables pour une traversée vers la Nouvelle Calédonie. Quelle joie de repartir pour ce nouveau demi-tour du monde !

Il nous faudra 6 jours et demi pour atteindre Nouméa en fin de soirée avec un moyenne d’à peine un peu plus de 7 Nœuds, la plus basse depuis notre départ de France… Pascal, un nouvel ami ex « French Doctor » que nous avons rencontré à Opua est également du voyage avec des problèmes moteurs qui nous inquiètent… Finalement, malgré le passage d’une dépression un peu forte, Brule-Vent accostera à Port Moselle quelques jours après nous.

Mais nous sommes de nouveau en territoire français. L’accueil à la radio d’abord avec le MRCC Nouméa (Centre de Coordination de Sauvetage Maritime de Nouvelle-Calédonie) puis la marina de Port Moselle est très sympathique et on parle français ici ! Les formalités sont à l’avenant, les douanes ne se déplaceront même pas… et le contrôle bio-sécurité sans surprise, nos pots de plantes aromatiques sont confisquées ainsi que les légumes et fruits frais.

Nouméa est une jolie ville avec un bord de mer qui s’étend sur plusieurs baies qui portent de jolis noms, Baie Moselle, Baie des citrons, etc… de bons restaurants, Marmites et tire-bouchons, la Casa Italia, la Chaumière …

La place des cocotiers est la place principale de la ville où nous débuterons notre parcours, musée maritime, aquarium et bien sûr le centre Tjibaou.

Les architectes ont modernisés la case traditionnelle en faisant appel à des structures en lamellé collé qui s’élancent vers le ciel.

Une section est bien entendu dédiée à l’architecture kanake traditionnelle.

Le centre Tjibaou abrite également pendant la construction des nouveaux bâtiments du musée de la Nouvelle Calédonie une partie de ses œuvres ainsi que des œuvres contemporaines d’artistes néocalédoniens ou d’autres îles du sud pacifiques.

Tour de la Nouvelle-Zélande (18) : White island

Lorsque nous quittons Akaroa avec du Sud-Est, une grosse dépression (ex cyclone) provenant des Fidji est encore loin au Nord mais se rapproche, plus question de s’arrêter à Gisborne qui n’est pas assez abrité, mon escale sera donc Tauranga dans la Baie de l’Abondance (« Bay of Plenty ») soit à presque 600 miles…

Au fur et à mesure de ma progression, qui est pourtant bien conforme à mon routage, la dépression accélère sa descente vers la Nouvelle-Zélande, pas question de « traîner » en route… Je passe East Cape en pleine nuit, dans des conditions de v

La Baie de l’Abondance relativement protégée de la houle de Sud-Est m’offre un mer quasi-plate et un léger vent de Nord-Est, CAT’LEYA navigue au près, allure qui ne lui est pas familière.

Ma route croise « White Island », une île volcanique baptisée par le Capitaine Cook en 1769.

Depuis les éruptions n’ont jamais cessé, jusqu’à la dernière en 2019. Le soufre y était extrait depuis 1885 jusqu’à ce qu’une éruption en 1914 y fasse 10 victimes parmi les mineurs, leur village et la mine elle-même… Celle de 2019 coûta la vie à des touristes et leur guide…

Depuis il est interdit de descendre à terre sur l’île.

C’est l’après-midi quand j’aperçois White Island, son cratère actif et ses fumerolles, je vais pouvoir lancer le drone…

A 21h30 CAT’LEYA entre dans le chenal de Tauranga, quelques jours après nous abordons Auckland et enfin le 24 avril, Whangarei pour sa remise en forme annuelle.

 

 

 

Tour de la Nouvelle-Zélande (17) : Akaroa, un petit bout de France aux antipodes

Nous remontons la côte Est vers Akaroa, un petit bout de France dont l’histoire, encore, mérite d’être reportée ici…

En 1838, le commandant du navire baleinier français Cachalot acheta des terres aux Maoris sur la péninsule de Banks. La Compagnie Nanto-Bordelaise fut alors créée en France dans le but d’établir une colonie à Akaroa. Le roi Louis-Philippe accepta même en 1839 de prêter assistance à cette expédition. Akaroa serait donc renommé Port Louis-Philippe…

Le capitaine Charles François Lavaud, en tant que commissaire du Roi, s’embarqua pour la Nouvelle-Zélande le 19 février  1840 tandis que le comte de Paris partait pour Akaroa le 20 mars 1840 emportant 53 émigrants sous le commandement du Capitaine Langlois.

Malheureusement, entre l’achat des terres et le départ des colons français, la situation en Nouvelle-Zélande changea. La Grande-Bretagne décida de coloniser la Nouvelle-Zélande. La signature du traité de Waitangi, « Bay of islands » dans l’île du Nord, ainsi qu’un acte séparé de Bunbury sur l’île du Sud, et la déclaration de souveraineté du lieutenant-gouverneur William Hobson sur l’ensemble du pays le 21 mai établissaient que la Nouvelle-Zélande était, du moins aux yeux des Européens, un Colonie britannique.

Jusqu’à ce que Lavaud arrive dans la baie des îles en juillet 1840, il n’était pas au courant de ces développements. Mis devant le fait accompli il repartit pour Akaroa à la rencontre de Langlois et du Comte de Paris. Dans le même temps, Hobson envoya le HMS Britomart, sous le commandement d’Owen Stanley, pour affirmer la souveraineté anglaise. Le navire de guerre quitta la baie des îles le 23 juillet et a atteint Akaroa quelques jours avant Lavaud, lui-même suivi 2 jours plus tard (le 17 Août 1840) par le navire du compte de Paris chargé des colons français . Le Britomart arriva donc à Akaroa une semaine avant le navire chargé des colons français. 

Lavaud désireux de confirmer la validité du titre de propriété des terres d’Akaroa, se rendit compte que d’autres européens possédaient également des titres sur le même territoire… les chefs d’Akaroa n’avaient pas été consultés lors de la rédaction de l’acte original et très peu de Maoris qui l’avaient signé avaient reçu les paiements ultérieurs effectués par Langlois. Les Maoris d’Akaroa étaient prêts à vendre leur terre, mais n’appréciaient pas toute tentative de l’occuper sans paiement. Afin d’éviter cette difficulté, Lavaud s’engagea à assurer le paiement nécessaire, tandis que les Maoris acceptèrent de permettre aux colons d’occuper le site entre-temps.

Après le départ du Britomart, le 27 août 1840, C. B. Robinson resta dans la colonie en tant que magistrat britannique. Il établit rapidement un modus vivendi avec Lavaud et ils travaillèrent harmonieusement ensemble. Les premiers acceptèrent de ne pas arborer le drapeau britannique à terre en attendant un règlement de la question de la souveraineté, tandis que les seconds acceptèrent de fournir toute la force nécessaire pour maintenir la loi et l’ordre.

Au cours des années suivantes, la colonie s’est solidement établie et, comme le sol s’est avéré extrêmement fertile, les colons ont prospéré. La période de service de Lavaud à Akaroa expira le 18 janvier 1843 lorsqu’il fut remplacé par le capitaine de poste A. Bérard. Il fut le dernier Commissaire du Roi à exercer ses fonctions en Nouvelle-Zélande et avec son départ le 10 avril 1846, le lien formel entre la France et la colonie fondée par la Compagnie Nanto-Bordelaise cessa.

Le litige sur les titres de propriété fut finalement réglé par la cour anglaise et, après d’âpres discussions, il fut décidé d’accorder 4 acres de terre pour chaque livre sterling effectivement dépensée… Le 30 juin 1849, les intérêts restants de la société française en Nouvelle-Zélande furent achetés par la New Zealand Company pour 4 500 £.

Il ne reste à Akaroa sur l’épisode français, que des noms de rue, Rue Jolie, Rue Noyer, Rue Fleur,… et un musée, bien que l’histoire qui y est relatée m’est apparue bien différente des conclusions des historiens et nettement favorable à la colonisation anglaise…

Voici aussi le « jardin le plus heureux du monde », atelier d’art de Josie Martin :

L’accueil qui nous a été réservé par le Yacht Club local et particulièrement Patsy et Brian laisseront de beaux souvenirs…

Tour de la Nouvelle-Zélande (16) : Dunedin – péninsule d’Otago

140 miles nous séparent de notre prochaine escale, Dunedin, dans le péninsule d’Otago, sur la côte Est de l’île du Sud. C’est l’une des principales villes universitaires de Nouvelle-Zélande, et celle qui obtient le meilleur classement mondial dans le pays ! Cette tradition remonte au milieu du 19ème siècle, on y trouve d’ailleurs de vieux bâtiments qui rappellent Oxford ou Cambridge…

Dunedin est aussi un port de commerce important et un petit port de pêche, Port Chalmers.

C’est là que nous mouillerons, en bordure du chenal, car, bizarrement, il y a très peu  d’infrastructure pour les bateaux de plaisance.

Et le « harbour master », finalement nous autorisera à rester là pour quelques jours dans l’attente de la prochaine fenêtre météo.

La péninsule d’Otago abrite de nombreux sites protégés pour les albatros royaux et les pingouins bleus, mais l’année est trop avancée pour espérer en voir…

La ville elle-même possède encore des bâtiments des années 1900 dont la maison Olveston qui témoigne de la vie d’une riche famille d’entrepreneurs.

Dunedin possède également un musée dont la partie consacrée à l’histoire des immigrants est la plus intéressante que j’ai pu visitée en Nouvelle-Zélande… et qui m’a permis de vous raconter quelques épisodes du Fiordland.

Tour de la Nouvelle-Zélande (15) : Stewart Island

Stewart Island, c’est la troisième île de Nouvelle-Zélande par 47° de latitude Sud, entre les 40èmes rugissants et les 50ème hurlants…

Sa situation géographique lui valut très tôt la visite des explorateurs.

On n’est d’ailleurs pas sûr que le Capitaine Cook, qui découvrit cette terre lors de son premier voyage en 1770, pu conclure à son insularité ou non; il cherchait surtout à découvrir la pointe Sud de la nouvelle-Zélande et les conditions météo n’étaient pas favorables à une exploration poussée du détroit de Foveaux qui sépare l’île Stewart de l’île du Sud.

Nous, en tout cas, on en est sûr et nous emprunterons le détroit pour rallier la seule ville (ou village) d’importance; Oban.

Ce village semble baigner dans une ambiance bienveillante tant les habitants y sont accueillants… Pourtant, l’hiver, la météo doit y être particulièrement rude… L’économie dépend essentiellement du tourisme et de la pêche.

Luke, un pêcheur de langoustes dont les « cray pots » se trouvent à Dusky nous indique quelle bouée utiliser mais le mouillage n’est pas très confortable et nous bougeons vers Golden Bay dans Paterson Inlet, juste au Sud. Cela nous permet d’aller sur l’île Ulva, réserve ornithologique, qui nous gratifiera de la rencontre d’un Kàkà, perroquet rare qui vit dans les forêts.

Paterson Inlet est un terrain de jeu relativement grand et de nombreux mouillages mériteraient une visite; parmi ceux-ci Prices Inlet où Whale’s Bay abritait le premier chantier nautique de réparation de bateaux de chasse à la baleine…

On y trouve encore de nombreuses hélices qui devaient régulièrement être remplacées après de longs séjours en Antarctique.

A l’extrémité Sud-Est de Stewart Island, Port Aventure. Durant la navigation de nombreux albatros viendront tourner autour du bateau.

Le point d’orgue de l’île est à son extrémité Sud-Ouest, Port Pegasus. De gros rochers de granite et un paysage balayé par les vents, lui donnent une apparence grandiose et suscite le respect de la force de la nature.

Une randonnée nous amènera au sommet du Bald Cone (le « cone chauve), probablement l’une des plus belles que j’ai pu faire en Nouvelle-Zélande.

Nous mouillons à Sylvan Cove.

Encore une belle découverte, mais la saison avance et nous devons penser à remonter la côte Est…

Tour de la nouvelle-Zélande (13) : Chalky Sound

Il est temps de reprendre la mer pour le prochain fiord; Chalky sound.

Nous passons les falaises de « sandstone » à la sortie de Dusky Sound, la mer est chaotique mais au bout d’une bonne heure, seule une longue houle subsiste. Nous sommes rapidement en vue de l’entrée de Chalky.

Les coups de vent atteignent régulièrement 45 Nœuds établis et à l’intérieur des fiords, attention,  la houle ne rentre pas mais le vent peut subir des accélérations dues au relief… Des mouillages très protégés existent dans chaque fiord, mais ils sont souvent de taille restreinte et nécessitent l’utilisation d’une ligne de mouillage arrière.  On y trouve souvent des bouées reliées par une corde à laquelle s’accrocher mais leur état souvent vétuste conduit, par précaution, à utiliser plutôt sa propre ligne terminée une chaine attachée à un arbre à terre.

Vous pourrez voir Cat’leya ainsi attachée par une ligne arrière dans North Port.

Nous nous dirigeons vers Lake Cove, un mouillage très protégé puis le lendemain North Port où se trouve l’épave du SS Stella, le bateau annexe du phare de Puysegur Point. Derrière se trouvait une usine de congélation de poisson qui fit long feu…

Nous irons explorer également South Port où se trouvent les vestiges d’une ancienne scierie « McCallum’s saw mill » (1903).

Tour de la nouvelle-Zélande (14) : Preservation inlet

Preservation Inlet est le fiord le plus au sud du Fiordland, c’est aussi le dernier…

A l’époque où le capitaine Cook découvrait Dusky Sound, la tribu Maori Kartimamoe était pourchassé par les Kaitahu
jusqu’à leur village situé sur un site imprenable, protégé par des falaises de 40 mètres.
Le chef des Kaitahu usa alors de ruse en tentant de convaincre ses ennemis qu’il était là en visite amicale…
Les Katimamoe, prudents, tirèrent le grand canoë des visiteurs à terre durant la nuit et beaucoup de Kaitahu furent tués…
Tarawai, fut mortellement blessé à cette occasion mais réussit à regagner le large et, avec la marée, à atteindre la grotte de Cavern Head.
Les Kaitahu, informés du sort de Tarawai, montèrent alors une expédition,l’un des meneurs, Maru se travestit en phoque avec une peau et joua dans l’eau comme l’animal.
Lorsque les Katimamoe, descendirent de leut forteresse pour attraper le phoque, ils furent tués par les Kaitahu et le site fut brûlé.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là, d’autres Katimamoe, alarmés par la fumée réussirent à s’emparer des canoës de la nouvelle expédition des Kaitahu…
A la fin de l’histoire, les deux tribus s’exterminèrent dans une dernière bataille.
Le corps de Tarawai, fut retrouvé pétrifié en 1877 dans Cavern Head.

Nous quittons donc Chalky pour Preservation et nous voici croisant Cavern Head.

L’histoire très riche de Preservation Inlet fut marquée par l’époque des chasseurs de phoques et de baleines, avec la création d’une station baleinière en 1829, puis par l’exploitation d’une mine de charbon dès 1851 et enfin, par la découverte d’or autour de 1868…

Dans Isthmus Sound, une cheminée témoigne de l’existence d’une fonderie pour l’exploitation des mines d’or.

Nous mouillons dans Isthmus Cove l’un des 2 mouillages très protégés de Preservation Inlet.

Le lendemain randonnée vers le phare de Puysegur Point.

Il est temps de quitter le Fiordland, quelles magnifiques surprises, et reprendre la voile vers Stewart Island par 47° de latitude sud…

Tour de la Nouvelle-Zélande (12) : Dusky Sound

Ce fiord est le plus long du Fiordland avec 44 km de long.

Dusky Sound fut approché par le Capitaine Cook alors que la jour baissait, il donna donc le nom Dusky (sombre) à ce fiord alors qu’il le croisait sous voile.

Pour moi, c’est le fiord le plus « romantique », de très nombreuses îles comme autant de fleurs sur la mer, mises en valeur dans un écrin de hautes montagnes.

Mais ces hauts sommets, ici,  n’écrasent pas le visiteur comme dans les fiords du Nord.

Nous empruntons donc l’Acheron passage depuis Breaksea Sound qui nous offre un beau panorama.

Notre premier mouillage sera Sportsman Cove, dont l’entrée est particulièrement étroite…

Lors du départ, le lendemain, je me ferai une petite frayeur, car nous sommes 2 à vouloir emprunter le chenal… Heureusement le Milford Wanderer, un bateau de croisière qui croise dans le Fiordland, m’apercevra avant de s’engager…

Dusky Sound fur l’un des fiords où le Capitaine Cook resta le plus longtemps lors de son deuxième voyage à bord de  Resolution, notamment à Pickersgill Harbour. C’est ici qu’il brassa sa première bière en nouvelle-Zélande à partir de Manuka et d’épicéa… et dont je vouslivre la recette originale

« Quantités égales de théier (manuka) et d’épicéa (rimu). Faire bouillir pendant 4 heures, ou
jusqu’à ce que l’écorce se détache facilement, puis retirez les solides et ajoutez 10 gallons de mélasse
(cette recette fait une tonne [240 gallons!] de bière). Porter à nouveau à ébullition puis ajouter
une quantité égale d’eau fraîche et froide. Lorsque le mélange refroidit pour devenir tiède, mettez-y
un peu de marc de bière ou de levure. Attendez quelques jours avant de boire. »

L’île voisine, Crayfish island, nous invite à une plongée qui comme son nom le suggère devrait nous faire découvrir pas mal de langoustes…

Avec plus de 200 jours de pluie par an, soit 7000mm d’eau, l’environnement marin présente une diversité et une organisation inhabituelle. L’eau douce, moins dense, qui occupe les premiers mètres en surface, très tannique et souvent colonisée par les algues, offre une luminosité très réduite, puis vient la couche d’interface avec l’eau salée, où le mélange de salinité trouble la progression de la lumière et rend la visibilité quasi nulle. En-dessous c’est l’eau de mer, et l’on y rencontre une faune et une flore qui d’habitude fréquentent des profondeurs beaucoup plus importantes.

L’entrée de fiords beaucoup plus lumineux présente des fonds plus « normaux » dont le développement est influencé par la houle du large toujours très présente.

Corail blanc, noir et rouge, morue, algues vertes, spinny starfish, tarakihi.

Le lendemain, nous nous déplaçons vers la sortie de Dusky Sound,  Facile Harbour…

De là, nous pouvons admirer la sortie du fiord et le chapelet d’îles qu’elle abrite.

C’est ici que se trouve l’épave de l’Endeavour (non pas le bateau de Cook mais un navire autralien).

Les bateaux anglais qui transportaient des condamnés en Nouvelle Galles du Sud en Autralie, recherchaient de la marchandise qu’ils pourraient échanger en Chine, à Canton, contre du thé, de la soie ou des épices qu’ils ramèneraient en Europe sur leur voyage retour, faisant ainsi de lucratives affaires. Or il y avait dans les années 1790 une forte demande de peaux de phoques en Chine, ressource dont le capitaine Cook avait vanté l’existence dans le sud de la Nouvelle-Zélande… Le 6 Novembre 1792,  un groupe de 12 chasseurs de phoque débarquèrent à Dusky Sound du bord du bateau Britannia du capitaine William Raven en provenance de Port Jackson (l’ancien nom de Sydney). Ils s’installèrent à Luncheon Cove; (Cook avait donnée ce nom à ce mouillage où il avait un bon dîner de langoustes…) avec des provisions pour 12 mois. La priorité pour Raven était de construire un abri pour les chasseurs ainsi qu’un bâtiment pour sécher les peaux. Ce fut ainsi que fut ériger la première structure européenne en  Nouvelle-Zélande ! Raven leur laissa également du matériel afin qu’ils puissent construire un bateau au cas, notamment, où le Britannia ne puisse revenir les chercher… Dans les 10 mois qui suivirent les chasseurs récupérèrent 4500 peaux de phoques ! Aucune visite si ce n’est un improbable « rendez-vous » avec un navire d’expédition espagnol qui ne put finalement entrer dans Dusky Sound à cause de vents contraires… Un mois plus tard, le capitaine Raven était de retour pour récupérer les chasseurs et leur marchandise de valeur. Le premier bateau construit en Nouvelle-Zélande par le groupe de chasseurs resta à Luncheon Cove. A partir de ce moment de nombreuses expéditions de chasse aux phoques furent organisées au départ de Sydney.

En Septembre 1795, l’Endeavour quittait Sydney pour l’Inde avec 50 condamnés à bord,accompagné par un second navire, Fancy. Son capitaine avait passé un deal pour récupérer le bateau construit par l’équipe de Raven (à cette époque la construction de navire était interdite en Australie, probablement pour éviter que les condamnés ne puissent s’échapper…). Le bateau fut amené à Facile Harbour mais sa condition était telle qu’une remise en état paraissait impossible…

Malheureusement une nuit, une tempête drossa l’Endeavour sur les rochers (ce fut le premier échouage en Nouvelle-Zélande). Les hommes à bord purent être sauvés mais le Fancy n’était pas assez grand pour transporter l’ensemble des 2 équipages, 244 hommes…

Un grand nombre d’entre eux devaient donc rester à Luncheon Cove pour environ 2 ans ! Après 3 mois ils avaient construit un second navire, Providence. Ainsi, avec Fancy, 154 personnes purent quitter Dusky Sound en Janvier 1796 et atteindre Norfolk Island dans une situation il vrai un peu désespérée… Les autres, à partir de l’épave de l’Endeavour, construisirent un autre bateau, mais une nouvelle fois tout le monde ne put embarquer et 35 personnes durent rester…

Tour de la Nouvelle-Zélande (11) : Breaksea Sound

Breaksea Sound est la porte d’entrée vers Dusky Sound car les 2 fiords sont reliés par Acheron Passage. La houle de sud-ouest déferle à l’entrée de ce fiord ce qui lui valût le nom de « Brfeak-sea-isle » donné par le Capitaine Cook.

Il comporte 2 bras, Brougthon et Vancouver Arm, encore une histoire avec le Capitaine Cook…

Ce bras de mer avait tout d’abord été baptisé par Cook ‘Nobody knows what’ car il n’avait pas eu le temps de l’explorer et de savoir s’il était relié à Doubtful sound. En 1791 Le Capitaine George Vancouver (celui qui navigua le long de la côte Ouest du Canada à la recherche du passage Nord-Ouest et en l’honneur duquel furent baptisées l’ile et la ville de Vancouver ) réussit à terminer son exploration et le rebaptisa ‘Somebody knows what’. Le nom actuel fut donné en l’honneur de George Vancouver.

Nous nous dirigeons vers Beach Harbour et passons devant Sunday Cove, juste à l’Est de Acheron Passage et où se trouve une barge pour les pêcheurs qui sert de « pompe à essence ».

 

Nous décidons d’aller explorer en annexe les bras de mer tout au bout de Breaksea… Nous rencontrons un groupe de phoques qui batifolent sur un rocher affleurant.

Puis il est temps de lever l’ancre vers l’Acheron Passage.

Jusqu’à présent, nous avons été gâtés par la météo si ce n’est une nuit avec des vents forts…

Le Fiordland est située au Sud-Est de l’île du Sud, aux alentours des 45° de latitude sud, autrement dit, la météo doit être une préoccupation constante. N’oublions pas le dicton « 40 èmes hurlant, 50 èmes rugissant ».

L’oscillation El Nino/La Nina y a un effet considérable, durant les périodes El Nino, l’océan est plus froid dans l’Ouest du Pacifique Sud. L’activité des basses pression est faible tandis que les hautes pression dominent le centre et le Nord de la mer de Tasman. La Nouvelle-Zélande est fréquemment traversée par des fronts froids venant de la mer de Tasman accompagnés de vents du Sud-Ouest. L’île du Nord est dominée par des hautes pression tandis que l’île du sud est plus ventée et les températures plus basses.

A l’inverse lors des épisodes La Nina, l’océan est plus chaud dans la mer de corail/Ouest tropical du Pacifique Sud et conduit à la formation de tempêtes du Nord de la mer de Tasman au sud-Ouest des Fidji se déplaçant Sud ou Sud-Est vers l’île du Nord tandis que les hautes pressions s’installent sur l’île du sud. 

« Durant La Nina vous allez dans l’Ile du Sud, durant El Nino vous passez l’été dans l’Ile du Nord.”

2022 est un année à prédominance el Nina et nous aurons un temps magnifique, quelques coups de vent et  jours de pluie seulement, une véritable aubaine pour visiter le Fiordland !

La première question qui de pose lors du Tour d’une île est de savoir dans quel sens le faire ?

La route Ouest bien que beaucoup plus courte en distance offre très peu d’abris. Les vents de sud-ouest et la houle conséquente issus des 50èmes hurlant rendent la route par la côte Est de la Nouvelle-Zélande plus attractive a priori (sens horaire) mais c’est vrai jusqu’à Stewart Island, ensuite rejoindre le Fiordland par le détroit de Foveaux est une autre histoire….

Les Alpes du Sud ont également une influence majeure car elles sont une véritable barrière que les vents doivent contourner… Ainsi un vent de Nord-ouest tourne au Nord au nord du Fiordland, puis repasse Nord-ouest vers Puysegur au Sud du Fiordland pour virer Ouest dans Foveaux Strait (entre l’île du sud et Stewart island).

Nous avons choisi l’option côte Ouest et bien nous en a pris car toutes les navigations ont pu être faites à la voile, les voiliers rencontrés qui remontaient la côte Ouest ont à l’inverse fait beaucoup de moteur… Il nous a fallu 2 jours pour rejoindre New Plymouth depuis le Nord et 2 jours de Nelson au premier fiord, Milford (environ 400 Miles chaque fois). Les vents ont été modérés et la houle de Sud-Ouest n’a jamais été un obstacle. Il faut bien sûr être prudent sur les fenêtres météo, car elles sont de courte durée compte-tenu de la fréquence de succession des fronts entre les anticyclones qui apporte des vents souvent tempétueux de Nord-Ouest suivis de pluie puis d’une bascule au Sud-Ouest.

un Catamaran autour d'un monde bleu

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