Une fin de tour du Monde difficile…

Cette période fut exceptionnelle pour les tour-mondistes…

Frappés par l’épidémie de COVID dès 2020, certains rentrèrent dans leur pays d’origine, laissant leur voiliers dans un pays lointain, sans aucune garantie sur le délai avant retour à leur vie nomade.

Les plus chanceux, et ce fût le cas pour Cat’Leya, restèrent à l’affût d’opportunités de navigation… Ainsi en Juin 2020, nous pûmes quitter la nouvelle-Zélande pour les Fidji, et profiter ainsi de rivages magnifiques sans l’afflux de touristes… La plupart des non néo-zélandais ne purent malheureusement pas revenir en Nouvelle-Zélande, et après avoir essuyer leur premier cyclone, obtinrent leur sésame pour l’Australie, continuant ainsi leur périple vers l’Ouest.

Cat’Leya a pu bénéficier d’une exemption (comme les néo-zélandais) et ainsi préparer un exceptionnel tour des 2 îles de la Nouvelle-Zélande avec notamment la découverte du Fiordland, de Stewart island par 27 degrés de latitude sud, et de la côte Est de l’île du sud, le tout dans un épisode La Nina favorable à de telles navigations.

Mais, fin 2023, alors que nous reprenons notre route vers l’Ouest, bien décidés à fêter nos 8 années de navigation en Méditerranée, le conflit entre Israël et le Hamas entre dans un nouvelle phase meurtrière et  se répand en Mer Rouge et dans le Nord de l’océan Indien, par l’intermédiaire du mouvement Houthi du Yémen qui cible le trafic maritime. Ainsi, depuis le 1er janvier 2024, ce sont 64 évènements liés à de telles attaques qui sont recensés par la Marine Nationale française dans le secteur ! Tandis que les actes de piraterie d’origine somalienne se multiplient bénéficiant de la mobilisation des forces armées présentes sur la zone contre les attaques Houties… Il y a de quoi faire réfléchir les plus braves des voileux… 

A bord de Cat’Leya, l’attente est de mise pour avoir plus de recul sur ces évènements, et ainsi nous nous engageons opportunément dans un périple de découverte des Maldives, quitte à ne pas bénéficier de conditions météo aussi favorables dans la moitié Nord de la Mer Rouge.

D’autres, prennent l’option Afrique du Sud, mais la plupart décident de rester une saison de plus dans le Sud-Est asiatique.

Début Mars, décision est prise de partir, quelques voiliers ont atteint Port Suez, les marines de nombreux pays se sont mobilisées pour garantir la liberté de navigation en Mer Rouge, et les Houthies semblent viser les navire marchands et particulièrement ceux de pays qu’ils considèrent comme traditionnellement ennemis, israéliens, américains, puis britanniques, ainsi que ceux à destination d’Israël. Ceci étant, nous savons que le risque existe et que les compagnies d’assurance ne garantissent pas les risques de guerre… Je « recrute »un équipier, Mladen originaire de Croatie, car dans ces conditions, une veille de nuit permanente est indispensable.

Selon Captain Heebi, l’un des agents les plus mobilisés pour les voiliers au canal de Suez, à fin mars 2024, 10 voiliers étaient arrivés à Port Suez, le premier étant Monster Project, un Volvo open 70, en Janvier.

La première étape est de s’enregistrer auprès des organismes militaires, Mica-Center en France, MSCHOA (Maritime Security Centre – Horn of Africa) qui coordonne les forces navales européennes, UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), et de suivre les consignes (rapport de position quotidien par courriel, ce qui bien sûr signifie moyen de communication à bord). Cat’Leya, comme nombre de tour-mondistes a succombé à la « mode » Starlink, et c’est un outil fantastique (nous en avons même un second en rechange) aussi bien en  communication que pour télécharger des images satellites…

Le voyage comprend 2 étapes :

  1. Maldives – Djibouti, il faut rejoindre tout d’abord le rail IRTC (Internationally Recommended Transit Corridor) qui longe la côte Sud d’Oman puis le Yemen et dont l’entrée se situe au Nord de Socotra, et traverser le redouté Golfe d’Aden, 1280 miles environ,
  2. Djibouti – Port Suez, la partie la plus à risque, avec  en particulier, le passage du détroit de Bal El Mandeb, d’à peine 10 miles de large, à l’entrée de la Mer Rouge, rester sur le rail de navigation tout en évitant les eaux territoriales d’Érythrée, où semble-t-il, les gardes-côtes font du zèle avec les voiliers trop téméraires, puis 70 miles plus au Nord passer les îles Hanish. Une fois atteinte la latitude de la frontière Sud de l’Arabie Saoudite, on peut se considérer sorti d’affaires jusqu’`a Port Suez, 1250 miles environ.

Pour mémoire une traversée Cap-Vert Martinique c’est environ 2200 Miles… C’est donc un passage sérieux, et les conditions sécuritaires constituent un challenge supplémentaire.

Profitant d’une fenêtre météo favorable, nous quittons Malé le 8 Mars. Partir d’Uligamu, au Nord des Maldives constitue un avantage d’un point de vue météo mais la probabilité de rencontrer des flottes de bateaux de pêches est beaucoup plus grande;  Cat’Leya ne croisera qu’un bateau sri-lankais.

La navigation est facile avec du vent portant et une mer calme favorisant une bonne vitesse moyenne, 7 nœuds, malgré des périodes d’accalmie parcourues avec un moteur.

Après 4 jours de navigation, notre radar ne fonctionne plus, je monte au mât et le redescends dans le cockpit, c’est la courroie d’entraînement en polypropylène qui a lâché. Je tente une réparation à chaud mais çà ne tiendra pas longtemps; nous voilà sans radar…

Heureusement la zone de pêche est définitivement passée.

7 jours après notre départ, nous voici par le travers de Socotra, 1 jour plus tard nous nous positionnons à 4 miles au sud du rail IRTC et mettons le cap vers Djibouti.

Finalement il y a peu de cargos, il est vrai que de nombreux armateurs, BP, CA-CGM, EverGreen, Maersk, MSC, Hapg-Lloyd, etc… ont suspendu tout transit en Mer Rouge et ont dérouté leurs navires vers l’Afrique du sud.

Au  coucher de soleil, nous apercevons un monocoque, sous voile d’avant seule, à quelques miles sur notre tribord, un appel radio restera infructueux, une heure et demie plus tard, nous le découvrons toujours sans AIS, et sans feu de navigation mais cette fois à moins de 200 mètres sous notre vent, petit moment de frayeur… Cette fois-ci il répond à nos appels et explique qu’il espère ainsi passer invisible… Vu la portée des feux de navigation (2 miles pour les feux de coques, 5 miles pour le feu de mât alors que nous naviguons à plus de 80 miles des côtes Yéménites), nos feux de navigation sont bien sûr allumés ainsi que notre AIS; c’est ce qui nous a été d’ailleurs conseillé par notre interlocuteur du MSCHOA qui peut ainsi nous suivre.

Puis nous entrons dans le golfe d’Aden, de temps à autre, une annonce radio au fort accent japonais nous incite à rapporter tout mouvement de bateau suspect, ou des échanges entre un avion de reconnaissance et la terre, etc… Bref, il ne s’est pas passé grand chose…

Nous voici à Djibouti en un peu moins de 12 jours, l’occasion de réparer le radar, faire le plein de gas-oil, quelques courses de frais et de bière (introuvable aux Maldives), et de dépenser 450 U$ de frais d’agent (sans compter les visas !) Les infrastructures datent de l’époque coloniale, les panneaux des bâtiments n’ont même pas été remplacés, gendarmerie nationale, laboratoire d’analyses, etc…

La présence uniquement française a été remplacée par une multiplication des bases militaires, française, américaine, chinoise, japonaise et italienne sans compter les navires de guerre des opérations menées dans la Mer Rouge; les loyers ainsi perçues par l’état sont estimés à 128 Millions d’Euros par an (la future base saoudienne devrait quasiment faire doubler ce nombre), somme manifestement insuffisante pour assurer un avenir à la population; le taux de chômage dépasse ici 60%, et nombreux sont les migrants de Somalie ou d’Éthiopie cherchant une vie meilleure. Le français est resté l’une des langues officielles et le supermarché d’à côté est un Géant Casino ( 21 Euros le kilo de bananes tout de même, mais des bananes dorés made in Saudi Arabia).

Les épisodes de vent portant sont désormais moins fréquents, et de surcroit de courte durée, nous voici donc partis 3 jours après notre arrivée pour Suakin, au Soudan, 590 Miles plus au Nord; cette fois, les choses sérieuses commencent…

Partis tôt, nous atteignons le détroit de Bab El Mandeb avant le coucher du soleil, nous croisons un navire de guerre, les annonces radio sont plus fréquentes.

Deux clandestins se sont invités à bord…

Nous nous positionnons cette fois entre les rails montant et descendant de façon à éviter tout problème avec les garde-côtes Érythréens. Le vent, la houle et les courants sont favorables, notre vitesse oscille entre 9 et 11 Noeuds ! Le lendemain nous passons par le travers des îles Hanish du Yemen. Il ne nous reste plus qu’à atteindre la latitude de la frontière saoudienne et nous serons sauvés ! Le vent faiblit et tourne au Nord comme prévu, nous prenons un cap vers la côte saoudienne afin de finir par un long bord au près tribord amure vers Suakin que nous atteignons au bout de 4 jours de traversée.

Le site est magnifique, Suakin est en fait une île relié au continent par un petit pont, au milieu d’un port naturel très protégé et facile d’accès, ce qui explique les milliers d’années de prospérité de la cité.

Suakin est probablement le port romain d’Evangelon Portus mentionné par Ptolémée. Le port a commencé à attirer les commerçants arabes au Xe siècle. Au XVe siècle, il était devenu un site de commerce essentiel pour l’Égypte mamelouk, attirant les marchands vénitiens et indiens, qui y faisaient du commerce jusqu’à l’invasion ottomane de 1517. C’est au cours de l’occupation ottomane que de nombreux bâtiments ont été construits en utilisant des blocs de corail.

Au milieu des ruines, 2 mosquées qui ont été rénovées, l’ancienne banque nationale d’Égypte, …

et un rapace, maître des lieux.

Aujourd’hui, Suakin est en plein déclin et ce, depuis que les britanniques ont construit port Soudan dans les années 1920. Les autorités ont peu à peu déplacer les administrations de sorte qu’il ne reste plus rien… Même les travaux de reconstruction de la cité débutés par la Turquie semblent arrêtés.

La pauvreté se lit sur la maigreur des quelques femmes aperçues et de certains enfants, les bâtiments ont fait place à un véritable bidon-ville,  baraques de bois et de tôles, c’est la période du ramadan, mais il n’y a aucune activité visible… Le soir les hommes se rassemblent et dînent dans des « restaurants », mais où sont les femmes ? La guerre n’est pas très loin, là-bas dans le Sud, et pourtant, partout, ce sont des sourires qui nous accueillent.

Le drone donne un aperçu plus dramatique de l’ancienne cité.

Quelques minutes après avoir posé le drone, des militaires montent à bord et exigent de voir le drone… Ils veulent me conduire à leur bureau à terre. Je leur montre les photos… leur explique que tout les locaux voulaient des photos eux aussi, que le gardien de l’ancienne cité nous à autorisés à prendre des photos, et que personne ne m’a dit qu’il était interdit de faire voler un drone… Finalement, grâce à l’intervention de mon agent, Mohamed, ils conviennent d’un malentendu et m’expliquent que, le pays étant en guerre et n’ayant jamais vu de drone, ils pensaient être l’objet d’une attaque… Le soir ils sont invités à prendre un café à bord après le jeûne quotidien du ramadan.

Au départ de Suakin, nous envisagions de nous arrêter dans une marina sur la cote de l’Égypte.  Mauvaise surprise, les formalités de « clearance » dans la Mer Rouge sont facturés pour un montant d’environ 1800 US$, sans compter les frais d’agent, les frais de marina, en gros 3000 US$ pour une semaine… Bienvenue en Égypte !

Nous visons donc un mouillage dans le Nord du Soudan près de l’Égypte, Marsa Oseif.

Ici aussi des militaires s’approchent et montent à bord, ils contrôlent notre « cruising permit », prennent contact avec notre agent et repartent… Le propriétaire d’un autre voilier me dira plus tard que, 9 ans plus tôt, il est a été détenu ici 9 jours…

Plus de surprise quant à la météo désormais, il faut si possible éviter le vent de Nord qui peut souffler à 30 nœuds et crée une mer courte et dure, et privilégier les conditions calmes, quitte à user des moteurs…

Le surlendemain, nous quittons le Soudan pour une navigation de plus de 300 miles et enfin, l’Égypte… Soma Bay à 200 miles de Port Suez.

Nous y retrouvons des voiliers partis avant nous et que nous suivons sur le groupe Red Sea. Le temps de quelques réparations et direction  Port Suez.

Ces 200 miles furent agités, mer courte et hachée, vent dans le nez… on dirait la Méditerranée…  dernier stop avant Suez et beau coucher de soleil.

Et nous voici enfin à Port Suez…

CAT’LEYA fait partie de la dizaine de bateaux qui on traversé la Mer Rouge cette année, ils sont fous ces gaulois !

 

Les Maldives : dernière étape avant le grand saut vers Djibouti

L. Gan, Fonadhoo, Kolamaafushi, Gan, ce sont les dernières étapes aux Maldives et je vous livre ici quelques souvenirs :

La religion des Maldives avant l’arrivée des musulmans était le bouddhisme mais toutes les traces ont été soigneusement effacées mis à part à L. Gan où l’on peut voir ce « dôme »… Une Organisation non gouvernementale gère la protection de ces sites et tente de redonner sa place à l’histoire…

Nous y avons assisté également à une « reconstitution » d’un mariage dans laquelle les habitants du village viennent apporter des cadeaux aux mariés comme le veut la tradition.

Un échantillon des plats typiques de la cuisine locale :

Kolamaafushi, Cat’leya et les autres voiliers amarrés au port.

C’est une impression mitigée que je conserverai des Maldives, la nature marine n’est plus ce qu’elle était, les fonds coralliens ont souvent disparus; blanchissement des coraux, tsunamis et agrandissement des zones habitables et bétonnage du littoral par remblaiement avec du sable et destruction des récifs … Et cependant les Maldiviens ont été fantastiques et si généreux… Mais il sera certainement très difficile au voyageur des marins de revivre une telle expérience en dehors de ce rallye qui, compte-tenu des problèmes d’organisation, a peu de chance d’être reconduit…

Quant à Hulhumalé, l’île artificielle construite au Nord immédiat de Male, c’est l’exacte image de mes propos; construite avec des fonds provenant de la Chine, nouveau partenaire depuis l’élection du dernier président, et où se multiplient des immeubles « For happy people » destinés on ne sait trop à qui… construits par des immigrés du Pakistan, du Sri Lanka ou de l’Inde… La veille de mon départ, un accord de défense militaire avec la Chine venait d’être signé et le partenaire historique, l’Inde, priée de rapatrier ses personnels militaires créant une crise diplomatique et l’arrêt des financements attribués par l’Inde.

Le 8 Mars, CAT’LEYA quitte les Maldives à destination de Djibouti… Les évènements qui perturbent le trafic en Mer Rouge ne semblent pas impacter les plaisanciers…

Avec l’aide d’un équipier croate, je quitte les Maldives pour une navigation de 1600 Miles avec  peu de vent. Nous serons 3 bateaux français à partir au même moment, tous enregistrés auprès des autorités militaires qui protègent le trafic maritime dans la zone.

Les Maldives : Muli

La troisième étape du rallye nous amène à Muli.

Les organisateurs proposent tout d’abord une route passant à l’intérieur du lagon de Vaavu puis celui de Mulaku dans lequel se trouve l’île Muli.

N’ayant encore jamais navigué dans les atolls maldiviens, nous sommes plus que circonspects, d’autant que des orages peuvent éclater et rendre la navigation à vue impossible… Pour ma part, le vent dominant étant de Nord-Est, je choisis une route protégée de la houle a l’Ouest des 2 atolls et pour finir une route directe vers Muli; les images satellites de Bing sont très claires et les récifs émergeant peu nombreux et bien visibles.

La flotte suivra la première partie de cette route puis bifurquera vers l’Est, rencontrant une forte houle et des courants contraires avant de descendre vers Muli dans l’atoll Mulaku. Et, pire, des rafales violentes jusqu’à 35 Nœuds en ont surpris plusieurs, occasionnant des dommages sur les voiles d’avant…

Le mouillage ici est bien protégé et nous pourrons dormir tranquille.

Le matin suivant, un accueil mémorable nous est de nouveau réservé, musique, danses, visite de l’île, cuisine locale…

A l’école, les uniformes sont de rigueur, les valeurs enseignées sont rappelées sur le mur à l’entrée.

Un petit tour sur l’îlot voisin :

Mais pour apprécier la musique locale qui a certains airs africains, voici un extrait de la cérémonie d’accueil :

Les Maldives : première impression

680 Miles séparent Trincomalee de Male aux Maldives, bien que mon génois soit hors d’usage, 3 jours et demi de voile à une bonne moyenne me permettront d’atteindre ma destination dans de bonnes conditions de navigation avec le foc auto-vireur…

Malé n’est pas considéré comme un port d’entrée facile pour les formalités et Uligamu, au Nord, est souvent préféré…

En réalité, les formalités seront expédiées en 15 minutes à Malé grâce à mon agent, Asadhulla Mohamed.

Une fois admis, je peux aller mouiller le port, à Hulhumalé.

Hulhumalé a été bâtie juste au Nord de Malé qui devenait trop petite pour héberger la population, c’est une île artificielle construite par les Maldiviens et financée par la Chine; jour et nuit des ouvriers œuvrent à la construction d’immeubles d’habitation, « For happy people », selon les publicités chinoises…

Difficile de trouver un espace où mouiller tant il y a de bateaux de croisières plongée et de travail… Je n’ai qu’une envie, vite partir d’ici !

Je me suis inscrit au rallye Maldives 2024 qui doit nous amener au Sud de l’archipel en espérant découvrir un autre visage des Maldives…

Le 10 février, me voici à KudaGiri pour la cérémonie d’ouverture; le rallye est sponsorisé par le ministère du tourisme et notre première impression est que cette cérémonie est purement politique, ministres, sous-ministres, directeurs, sponsors, etc… et nous, les voileux, parqués au fond de la salle, preuve que le rallye est bien réel. Une navette nous ramène sur nos voiliers, il fait déjà nuit… Au premier voyage il heurte le premier voilier… cela n’augure rien de bon. Le mouillage est exposé au vent dominant et à la houle, nous sommes sur bouée mais j’ai mouillé 30 mètres de chaine au cas où … Durant la nuit, premier incident, Plato, le voilier chinois, se détache de sa bouée et vient heurter le même bateau déjà abîmé par la navette ! Pour eux, le rallye est terminé !

Tout le monde attend le guide du rallye qui nous a été promis à l’enregistrement, mais toujours rien… On nous promet un briefing avec les garde-côtes sur les conditions de navigation dans les atolls mais rien n’arrive non plus…

Une autre polémique anime le rallye; sans avertissement préalable, les Douanes des Maldives veulent imposer à chaque navire un « tracker » (chinois bien sûr), alors que de nombreux bateaux sont équipés de transpondeurs AIS; nous résisterons bien quelques jours mais finalement ils auront gain de cause après avoir accepter de ne pas nous faire payer la location et les services correspondants !

Pour notre première navigation nous rallions Fulidhoo, une trentaine de miles au Sud. Les organisateurs nous proposent de rentrer par le chenal (en trait rouge épais sur l’image de droite)…

Je leur signifie immédiatement mon refus et transmets ma route sur le groupe WhatsApp… En fait personne dans l’organisation n’a la moindre expérience de voile ! Un couple indien qui a participé au premier rallye et avait été ravi nous fait part de leur surprise sur cette édition, il se trouve que le responsable de l’époque a été débarqué par le nouveau pouvoir en place et un nouveau, parachuté quelques mois avant cette édition. A mon arrivée à Fulidhoo, j’aperçois des vagues qui déferlent dans le petit chenal… Le voilier indien, le plus lent de la flotte, se présentera à l’entrée du chenal, juste avant le coucher de soleil, et malgré ses appels pour être guider, comme convenu, par le bateau organisateur, n’obtiendra aucune aide. Son moteur n’est pas assez puissant pur contrer le houle et le courant et c’est grâce à l’appel de l’un des participants que les gardes-côtes iront lui porter assistance…

Désormais tout le monde a compris; n’espérons aucune aide ou conseil de l’organisation !

Heureusement, l’accueil à terre des Maldiviens est fantastique et va nous faire oublier, au fil des étapes, les manquements dangereux de l’organisation !

Les habitants sont sur leur 31, robe rouge brodées d’or pour les femmes, voilées pour la plupart, grand sourire.

Nous faisons un tour de l’île, mosquée, école, hôpital, partout des fauteuils pour s’arrêter un moment et profiter…

Puis les habitants nous font partager leur méthodes de travail ancestrales, fabrication de cordage, charpente marine, cuisine, etc…

La matinée se termine par le partage d’un repas traditionnel; décidément, comme dans le Sud-Est asiatique, Les Maldives hébergent un peuple très généreux !

 

Ceylan : histoire et nature

La plupart des tour-mondistes s’arrêtent à Port Galle au Sud-Ouest car c’est en route directe vers les Maldives… Pourtant ce port est réputé industriel et sale… Alors pourquoi ne pas prendre l’option Trincomalee, un port naturel situé au Nord-Est, tout près du triangle culturel Nord et des hauts lieux historiques de Ceylan ; Sigiriya, Dambulla ou Polonnaruwa…

La traversée fait 800 Miles environ, les conditions qui s’annoncent sont plutôt calmes mais en prenant une option par le Sud de Nicobar, le vent devrait être au rendez-vous !

Après les premiers 250 Miles, CAT’LEYA croise Nicobar, les nuits sont courtes car il faut éviter les pêcheurs qui ne sont pas tous équipés de l’AIS, et les cargos en provenance du détroit de Malacca fréquentent aussi les parages.

Tout à coup un grand bruit… l’anneau du point d’écoute du génois s’est décousu de la voile, grand moment de solitude… J’ai bien un second génois de rechange mais en mer pas possible tout seul de remplacer la voile. Il me faut tout d’abord faire un petit numéro d’équilibriste pour sécuriser le génois afin qu’il ne se déroule pas… pas facile d’atteindre la hauteur du point d’écoute, génois roulé, à partir du mat attaché à la drisse d’homme par le harnais… Je me résouts ensuite à gréer le Code 0 qui devrait supporter les conditions de vent arrière prévues. Les nuits suivantes, j’affale le Code 0 et navigue sous GV et foc de gros temps gréé sur le second étai, mais çà le fait, ma vitesse de jour est même bien supérieure à ce qui était prévu; 135 m2 au lieu de 75 m2 devant, rien de surprenant ! Finalement après 6 jours de mer, je rentre dans Trincomalee !

Trincomalee est un port militaire abritant des bâtiments de la marine; il faut donc contacter le « port control » avant d’y pénétrer, l’agent a informé les autorités et tout se passe facilement de même que la « clearance », mis à part le fait qu’en Thaïlande, ils ont indiqué Port Galle comme destination, l’officier à qui j’ai fait remarqué l’erreur m’expliqua qu’il n’avait pas Trincomalee dans sa base de données et que cela ne poserait pas de problème… Finalement, il me faudra faire un courrier écrit stipulant que mes problèmes de voile d’avant m’ont contraint a changer ma route ( suggestion de mon agent…).

Mon agent de GAC shipping est vraiment super, il m’enverra quelqu’un de sa société pour m’aider à affaler le génois, mettre le second à poste et remplacer la drisse du foc de gros temps… Un autre voilier, un Amel 55 australien est là aussi au mouillage, nous passerons la soirée ensemble avant leur départ le lendemain pour les Maldives.

Le Sri Lanka est séparé de l’Inde par une portion de mer que l’on pourrait presque traverser à pied, et ici c’est effectivement une petite partie de l’Inde… Il y a tout d’abord la gentillesse des habitants puis les taxis Tuk-Tuk, et la cuisine… La religion majoritaire est le bouddhisme viennent ensuite l’hindouisme et la religion musulmane. Yoosuf, le chauffeur de Tuk-Tuk m’a été chaudement conseillé

et j’embarque pour une visite de la ville.

Trincomalee est bâtie sur une étroite langue de terre qui s’avance sur l’océan indien. A l’Ouest, l’un des plus grands ports naturels du monde, à l’Est le promontoire du rocher Swami. La ville passa successivement entre les mains des portugais puis des hollandais et enfin des anglais…

Sur le rocher Swami, le Tiru Koneswaram Kovil, un temple hindou où nous sommes accueillis par une statue colossale de Shiva. Dans le jardin, les femmes déposent de petits berceaux en bois en offrande pour aiguiser leur fertilité…

D’autres temples hindous sont dispersés dans la ville dont le Pathirakali Amman Kovil et le Kandswami Kovil.

Trincomalee possède également une importante flottille de pêche, ces bateaux colorés sont toujours un plaisir à rencontrer (… à terre) !

Comme en Inde, les animaux sont très protégés, il faut partager la route avec les vaches et particulièrement ici avec les daims, symboles de la ville…

Après ce premier aperçu du Sri Lanka, Yoosuf m’emmène en voiture cette fois vers Sigiriya, Dambulla et Polonnaruwa.

Sigiriya est un lieu emblématique, surnommé le rocher du Lion, ce fut pendant un temps une capitale fortifiée, palais et monastère. Le roi parricide Kasayapa, décida au 5ème siècle, par peur ou regret, de s’installer sur ce rocher au milieu de la jungle loin de la capitale historique, Polonnaruwa. On imagine l’ampleur de la tâche de construction de cette citadelle imprenable quand il faut grimper au sommet du rocher… Kasayapa y régna 18 ans avant que son frère ne lève une armée pour venger son père; il sommât son frère de venir l’affronter sur le champ de bataille mais l’armée de Kasayapa déserta peu à peu et le roi se trancha la gorge…

Sur la route de Sirigiya, nous passons des échoppes qui proposent une sorte de yaourt fabriqué localement. Ils sont servis dans des pots de terre cuite avec du miel (c’est bizarre cela me rappelle un dessert fréquemment au menu sur Cat’leya…).

Puis nous arrivons dans les jardins de Sirigiya, où une longue allée flanquée de bassins, de lacs et de rigoles, laisse entrevoir le rocher du Lion, un véritable jardin à la française !

C’est jour (nuit) de pleine lune, donc férié ici, les Sri-lankais profite de ce congé pour visiter les temples et faire du tourisme… A éviter !

Au fur et à mesure que l’on s’approche, on prend conscience de l’énormité de ce bloc de roche, de ses parois en dévers infranchissables…

En haut, à 180 mètres au-dessus de la plaine, le palais offre une vue panoramique sur les jardins et la jungle alentours.

Vu du ciel, Sigiriya est encore plus exceptionnel !

Dambulla, à une vingtaine de kilomètres au sud de Sirigiya, est également perché sur un rocher, bien plus modeste, à 150 m au-dessus de la plaine et du Golden Temple.

Les temples sont blottis dans les grottes. Ces lieux sacrés furent aménagées au 1er siècle av. JC et réaménagées à plusieurs reprises jusqu’au 18ème siècle. La moindre parcelle de rocher est tapissée de peintures magnifiques. Il est difficile de décrire ce que l’on ressent dès que l’on pénètre dans ces lieux sacrés alors je vous propose une vue panoramique dans laquelle vous pourrez vous immerger…

La première grotte, Devaraja Vihara (le temple du Roi des Dieux) abrite un bouddha couché de 14 m qui repose dans le sommeil éternel du Parinirvana.

La 2ème grotte, la plus grande, Maharaja Vihara, retrace la vie du Bouddha.

Polonnaruwa est situé à une trentaine de km à l’est de Sigiriya, c’est la grande cité médiévale de Ceylan à l’époque où l’on bâtissait des cathédrales en Europe, on construisait temples et palais à Polonnaruwa. Quasiment un seul roi est à l’origine de cette œuvre, Parakrama Bahu, 12ème siècle. Puis les raids des pirates malais et les guerres entre prétendants cinghalais eurent raison de cette civilisation et de Polonnaruwa qui fut peu à peu engloutie par la jungle…

La Citadelle abritait le palais et les édifices dédiés au pouvoir. Le palais Vejayanta Pasada comprenait 7 étages et mille pièces du temps de sa splendeur.

La salle du conseil de Parakama Bahu : Rajaveshiabhujanga

Un peu plus au Nord, la Terrasse de la Relique de la Dent : Dalada Maluwa (quadrilatère sacré) construit du 11ème au 12ème siècle.

Le Célèbre temple circulaire Vatadag,

Hatadage, le « coffre-fort » qui servit à abriter la relique reprise aux seigneurs de Ruhunu,

Thuparama Gedige, la salle de l’image qui abrite des sculptures de Bouddha,

Atadage, dont il ne reste aujourd’hui que les colonnes abritait probablement à l’étage où était sans doute gardée la relique.

Nissanka Latha Mandapaya,

Au-delà des murs de la cité, le roi installa des monastères, dont Ruvanveli avec son dome de 54m.

Enfin plus au Nord, le Temple du Rocher un autre salle de l’image et ses 4 bouddhas rupestres, sculptures maitresses de l’art médiéval ceylanais.

Ceylan, c’est aussi le pays des éléphants… Plusieurs parcs nationaux leur sont dédiés et ils transhument selon les saisons de l’un à l’autre.

Derniers jours en Thailande

De retour à la marina Ao Po Grand Marina Phuket, CAT’LEYA est là, sur son 31, petits bobos guéris, coques polishées, prêt à affronter le golfe du Bengale et l’Océan Indien avant la Mer Rouge… si les évènements le permettent…

Mais avant cela, quelques jours de navigation dans la baie de Phnag Nga.

Premier mouillage à Ko Batang au Nord.

C’est la haute saison qui débute et bien entendu, il y a beaucoup plus de « long tails » et de navettes rapides transportant des touristes… Les russes en particulier sont très nombreux.

L’attraction ici c’est le lagon qui se cache au milieu de l’île et uniquement accessible en canoë.

Après une nuit très calme, les vents sont encore très légers, il est temps d’aller explorer les îles  Phi Phi Dong et Phi Phi Le… C’est malheureusement la destination privilégiée de tous les charters, il faut vraiment attendre le soir pour profiter du site effectivement très particulier.

Consciente de la pauvreté des fonds marins, l’administration a fermé l’accès à la plage et à la baignade, mais il faudra certainement beaucoup de temps pour arriver à redonner vie aux coraux et développer la faune…

Après la traversée du sud de la baie de Phang Nga, nous revoici à Ao Chalong pour les formalités de sortie de la Thailande. Destination à 70 km à l’Ouest dans l’archipel de Similan, un parc marin national protégé. Pour obtenir un permis il faut 1h30 de voiture vers le Nord de Phuket où se trouve le bureau du Parc qui les délivre au compte-goutte et moyennant finance…

Mais enfin de l’eau parfaitement cristalline qui donne envie de nager et découvrir les fonds… Premier mouillage dans l’île Ko Miang, des bouées sont installées pour les bateaux de plongée et les « liveaboards ».  A partir de 9-10 heures des navettes rapides viennent envahir les lieux, attention si vous nagez, les navettes savent faire usage de leur avertisseur sonore mais sans ralentir… Le soir c’est le calme et le moment d’apprécier un beau coucher de soleil.

La géologie de ces îles est complètement différente de celles de Phang Na, il s’agit d’îles granitiques présentant de gros rochers de granit ronds comme ceux de Furneaux au Nord de la Tasmanie.

La faune est relativement riche pour un aussi petit territoire, les oiseaux en particulier offrent de nombreuses espèces spécifiques comme le Nicobar a cabail ou pigeon de Nicobar, un gros pigeon au plumage à reflets verts et bleus. J’y ai rencontré des écureuils, de petits varans, etc…

Ko Similan est 7 miles au Nord, c’est la plus grande des îles de l’archipel.

Un chemin mène sur des gros rochers granitiques qui dominent la baie.

Après ces quelques jours qui nous ont donné un meilleur aperçu de la diversité de la Thaïlande, en route vers l’Ouest et la méditerranée; Sri Lanka, Maldives, Oman, Socotra, Djibouti et Mer Rouge !

 

 

 

 

 

 

Selamat tinggal Indonésie, bonjour Phuket

Notre voyage en Indonésie approche à sa fin, rendez-vous a été pris en Thaïlande pour préparer Cat’Leya à son retour en Méditerranée par le Mer Rouge.

De Kumai, la prochaine étape nous emmènera à Belitung, 240 Miles, puis Batam, 300 Miles, juste en face de Singapour où sera effectuée la « clearance » de sortie d’Indonésie,  et route directe jusqu’à Phuket par le détroit de Malacca, 540 miles.

Plus nous allons nous vers le Nord et moins le vent sera présent…

Belitung me rappelle « Flinders island »au Nord de la Tasmanie avec ses gros rochers ronds et lisses ou encore il y a bien longtemps me semble-t-il les Lavezzi…

Après 2 nuits de repos, il est temps de repartir vers Batam… La position stratégique de Batam, c’est aussi l’opportunité d’aller visiter Singapour !
25 minutes suffisent avec le ferry pour atterrir dans cette cité si contrastée… Mais même à 25 Nœuds, croiser des cargos, pétroliers, porte-conteneurs, etc… et autres, lancés à 15 Nœuds cela reste impressionnant. Jetez un œil à Marine Traffic et vous comprendrez ce que je veux dire…

Vieux édifices côtoient des immeubles hyper modernes, comme le fameux hôtel Marina Bay Sands,

et les parcs publics qui font de Singapour un havre de verdure.

La richesse (dont une grande partie a son origine dans le blanchiment de l’argent de la drogue du Triangle d’or) côtoie la pauvreté et l’exploitation des employés philippins… Et si l’on fait abstraction de tout cela, la ville vaut le détour…

Le Fullerton hôtel,  ancienne poste construite à l’époque où Singapour était une colonie britannique, est situé en plein centre et offre une vue magnifique sur Marina Bay…

Son restaurant gastronomique de cuisine chinoise est aussi fantastique…

Enfin, si comme moi, vous aimez les orchidées, le jardin botanique de Singapour est un « must ».

Même les varans aiment les fleurs…

Gardens By the Bay est aussi à voir, en particulier la promenade aérienne entre les arbres artificiels.

Ainsi se termine ce court séjour à Singapour…

La route est encore longue jusqu’à la Thaïlande par le détroit de Malacca…  Mais avant cela, il me faut traverser le détroit de Singapour pour emprunter la voie de navigation qui va vers l’Ouest… L’AIS est vraiment pratique ici afin de déterminer précisément la distance lors du croisement avec les cargos et ainsi choisir la meilleure option possible… Cat’Leya se fera tout de même klaxonner… par un porte-conteneur format Panama, mais ça passe largement…

3 jours de navigation les 2/3 au moteur et parfois avec les 2 moteurs tant le courant de marée se fait sentir… Une nuit, à 2 reprises, des bateaux de pêche se dérouteront pour venir au contact; le détroit de Malacca a une fâcheuse réputation de piraterie… et je dois mettre les 2 moteurs plein gaz pour prendre le large..

Finalement, Chalong, dans la baie de Phuket, où je vais pouvoir faire la « clearance » d’entrée ! Le processus de formalités est très bien organisé et tout se passe très vite… Cap sur la marina où Cat’Leya va se refaire une beauté !

Durant la semaine je rencontre le responsable technique du distributeur Lagoon qui se trouve être de la région toulousaine… Et je suis invité à la prochaine Escapade Lagoon, ce week-end ! Un bon moyen de découvrir la région…

Le vendredi matin suivant, nous voici au café-briefing… Il y a décidément beaucoup de gros catasmarans ici, Lagoon 52, Lagoon 560 et 620… et nous voici partis vers la baie de Phang Nga et ses merveilleux ilôts champignons, à la queue leu-leu et au moteur faute de vent.

Premier arrêt à Ko Roi pour le déjeuner.

La soirée se déroulera à Ko Yao Noi, BBQ sur la plage !

Le lendemain départ pour Ko Hong, puis Krabi.

La soirée sera illuminée par un spectacle de danseurs et acrobates de feu…

Merci à Lagoon et à son distributeur à Phuket !

Les orans-outangs de Kalimantan

370 miles séparent le Nord de Bali de Kalimantan; la partie Est de l’île de Bornéo et ses orans-outans…

Je ne pouvais manquer cette occasion unique de partir à la rencontre de ces primates, longtemps  opprimés mais enfin protégés dans le Parc de Tanjung Puting.

La meilleure façon de pénétrer cette nature inextricable, c’est de partir en « klotok » (le nom provient du bruit si reconnaissable de leur moteur) sur la rivière Sekonyer que l’on remonte sur une quinzaine de kilomètres jusqu’au Camp Leakey.

Me voici donc embarqué en tant que passager sur l’un de ces bateaux à fond plat et très faible tirant d’eau sur la rivière Sekonyer dont l’eau saumâtre devient de plus en plus brune en remontant vers le Nord-Est.

Pour une fois, j’ai un équipage pour moi tout seul, capitaine, assistant, cuisinière et un guide, ex-ranger du parc.

Héritage UNESCO, le parc de Tanjung Puting constitue une mosaïque complexes d’habitats diversifiés, terrains marécageux découpés par des rivières aux eaux noires qui se jettent dans la mer de Java.

Mais au fur et à mesure que l’on y pénètre, on y découvre une forêt marécageuse de tourbe, des lacs et des rizières maintenant abandonnées couvertes d’herbe et de fougères et une haute forêt de bruyères tropicales avec une canopée de 30 mètres dont certains arbres dépassent 50 mètres.

Le calme s’installe, et la végétation s’élève…

Nous voici bientôt au camp Tanjung Harapan et notre première rencontre avec les orans-outangs. Il est assez fascinant et touchant à la fois de voir les attitudes et comportements sociaux de ces cousins primates…

A cette époque de l’année, période sèche, la nature n’est pas assez pourvoyeuse de nourriture et les rangers apportent régulièrement des fruits et des légumes frais et nous assistons à un déjeuner en famille avec le mâle dominant.

Tanjung Puting abrite de nombreuses autres espèces de primates dont les probiscis, singe trompe à l’aspect bizarre avec son nez « Jimmy Durante », ou encore les macaques très chapardeurs…

De retour au bateau, c’est le moment de savourer un délicieux repas indonésien préparé par la chef !

Puis on déroule les bâches latérales pour éviter toute intrusion durant la nuit… bien protégé par une moustiquaire.

Le lendemain matin nous repartons et longeons quelques maisons sur pilotis de familles de pêcheurs.

Tanjung Puting abrite également plus de 230 espèces d’oiseaux dont les calaos, et des espèces de forêts humides. Je réussirai à photographier une espèce de martin pêcheur particulièrement coloré.

La rivière devient de plus en plus étroite tant la nature est exubérante.

Et bientôt nous atteignons Camp Leakey, le site historique de la création du programme de protection des orauns-outangs par le Dr. Biruté Galdikas en 1971.

Cette fois les orans-outangs partagent leur repas avec des gibbons qui réalisent des sauts incroyables entre les arbres…

Tanjung Puting est aussi l’habitat de 2 espèces de crocodiles, ils sont difficiles à apercevoir… mais ils sont bien là.

Nous poursuivons ensuite notre navigation jusqu’à trouver un endroit pour la nuit.

Il nous reste une dernier camp à visiter le lendemain, le camp Pondok Tanguui, ce sera l’occasion d’une petite randonnée dans la forêt.

Et une dernière rencontre avec les orans-outangs.

 

Le Nord de Bali

Après mon premier voyage à Bali en 2018, c’est un plaisir de revenir ici, en fait Au Nord de Bali, sur notre route vers l’Ouest.

De Gili Gede, je choisis Ahmed pour un premier mouillage, non loin de là, à Tulamben,  se trouve l’épave d’un navire de guerre américain, l’USS Liberty. Ce navire cargo fut construit en 1918, et servit, durant la première mondiale, pour le transport de marchandises et de chevaux entre l’Amérique et la France. Il fut touché par un sous-marin japonais en 1942 alors qu’il transportait une cargaison de caoutchouc et de rails de chemins de fer entre l’Australie et une base américaine des Philippines. Il fut alors convoyé dans le Nord de Bali mais les voies d’eau étaient si importantes qu’il ne put être réparé. Finalement, c’est le volcan du « Mont Agung » qui eut raison de lui en se réveillant en 1963 et provoquant tremblement de terre qui fit glisser le navire de la plage vers des eaux plus profondes…

Ahmed est un village touristique dominé par les 3000 mètres du majestueux Mont Agung et situé au centre d’une zone balnéaire qui s’étend sur la côte Nord-Est de Bali.

On est tout d’abord surpris par les centaines de bateaux de pêche qui prennent leur bain de soleil sur la plage de sable noir, mais en fait ces bateaux servent a promener les touristes et c’est la saison  basse qui commence…

Le lendemain matin, nous partons en plongée sur 2 sites dont celui du l’USS Liberty. C’est une grosse épave, 120 mètres de long, par 10 à 25 mètres de fond.

Notre destination suivante se situe au Nord-Ouest de Bali, Lovina, une station balnéaire pour une visite des lacs Batur, Buyan et Tamblingan.

Sur la route, la cascade Banyumala offre une belle promenade dans une forêt bien dense. La saison des pluies n’a pas vraiment commencé mais l’eau est bien présente.

Sur les berges du lac Batur, un temple indo-bouddhiste important, Puru Ulun Danu Bratan, fondé au 17ème siècle et où ont lieu de nombreuses cérémonies. Le site est magnifique et attire bien sûr de nombreux touristes…

Aujourd’hui c’est un mariage qui est célébré, les invités purifient leurs offrandes dans l’eau du lac tandis que les mariés sont accompagnés par un groupe de musicien au son de gongs…

Au pied du mont Gunung Lesong (1960m), les deux lacs Buyan et Tamblinghan,

et l’occasion de se faire tirer le portrait…

Sur le retour, nous nous arrêtons au temple bouddhiste Brahmavihara-Arama qui domine Lovina.

Si vous voulkez en savoir plus sur Bali, je vous renvoie à mon article de 2018, Bali : découverte de l’Asie

un Catamaran autour d'un monde bleu